La baisse du nombre d’hospitalisations se poursuit au Québec, avec 60 patients hospitalisés en moins rapportés vendredi. S’il s’agit d’une « bonne nouvelle », des médecins invitent toutefois à la prudence avant de crier victoire.

Mis à jour le 21 janvier
Coralie Laplante
Coralie Laplante La Presse
Florence Morin-Martel
Florence Morin-Martel La Presse
Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse

« Quand on regarde les données d’une journée, c’est une bonne nouvelle », fait valoir la Dre Maryse Guay, professeure à la faculté de médecine et des sciences de la santé de l’Université de Sherbrooke. On a rapporté vendredi 346 nouvelles entrées et 406 sorties, ce qui porte le nombre total des hospitalisations à 3351. Parmi ces patients, 265 se trouvent aux soins intensifs, ce qui représente une diminution de 20 par rapport à la veille. Avant de crier victoire et de parler d’une tendance à la baisse, il faudra attendre de voir le nombre d’hospitalisations des prochains jours, nuance cependant la Dre Guay.

Le DDonald Vinh, microbiologiste infectiologue au Centre universitaire de santé McGill (CUSM), appelle aussi à la prudence en ce qui concerne une baisse des hospitalisations. Par exemple, « si le nombre de personnes qui décèdent dans les hôpitaux est plus grand que celui des gens qui y entrent, nous allons bien sûr avoir une diminution du taux d’hospitalisation, explique-t-il. Mais ça ne veut pas dire qu’on va dans la bonne direction non plus ». La province a recensé vendredi 59 décès supplémentaires dus à la COVID-19. Ces morts portent la moyenne quotidienne à près de 72, ce qui représente une hausse de 58 % sur une semaine.

Jeudi, le premier ministre François Legault a affirmé que le réseau de la santé demeurait malgré tout « au pire de la pandémie », puisqu’il est plus surchargé que jamais au moment où le pic des hospitalisations semble maintenant atteint à l’échelle de la province. « Vous ne pouvez pas savoir le nombre de personnes qui m’écrivent, qui me parlent, qui me disent qu’il faut qu’on enlève des consignes, a-t-il dit en mêlée de presse. Mais pour l’instant, on ne peut pas se permettre d’assouplir davantage. »

Vendredi, la Santé publique a aussi recensé 5995 nouveaux cas de COVID-19, ce qui porte à 5977 la moyenne des cas quotidiens calculée sur sept jours, en baisse de 41 %. Le nombre de cas n’est toutefois pas représentatif de l’évolution de la pandémie, le dépistage étant réservé à certains groupes de la population seulement. Mercredi, 43 241 tests de dépistage ont néanmoins été réalisés. Le taux de positivité est actuellement de 12 %.

L’OMS recommande la dose de rappel

Par ailleurs, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait volte-face vendredi. Après avoir affirmé que la dose de rappel du vaccin contre la COVID-19 n’était pas nécessaire pour les adultes en bonne santé, l’agence la recommande maintenant, en commençant par l’administrer aux plus vulnérables.

À l’instar de plusieurs pays occidentaux, le Québec avait ignoré la demande de l’OMS de déclarer un moratoire sur l’offre de doses de rappel jusqu’à la fin de 2021.

L’OMS recommande maintenant que les doses de rappel soient administrées dans les quatre à six mois suivant les deux premières injections. « Nous continuons à nous concentrer sur la vaccination des groupes les plus prioritaires », a toutefois souligné la Dre Kate O’Brien, directrice de la vaccination, des vaccins et des produits biologiques de l’OMS.

Une étude anticipe la fin de la pandémie

Selon une étude publiée dans la revue scientifique The Lancet, la fin de la pandémie approche, même si le virus de la COVID-19 ne disparaîtra pas. Le pic de la vague du variant Omicron sera atteint dans les différents pays du monde d’ici à la deuxième semaine du mois de février, estime cette étude. « En mars 2022, une grande partie du monde aura été infectée par le variant Omicron », peut-on y lire. Le chercheur Christopher J. L. Murray croit toutefois que « des variants vont sûrement apparaître et certains pourront être plus sévères qu’Omicron ». Ainsi, les pays peuvent s’attendre à une hausse de la transmission de la COVID-19 durant les mois d’hiver. Malgré tout, l’étude souligne que les futures souches du virus auront moins d’impact sur la santé des populations en raison de la large exposition des gens au virus et de l’adaptation des vaccins aux variants. Les personnes vulnérables devront toutefois continuer de s’isoler, de porter un masque de qualité et de pratiquer la distanciation physique. « La COVID-19 deviendra une autre maladie récurrente que les systèmes de santé et les sociétés devront gérer », affirment également les auteurs de l’étude.

Coralie Laplante, La Presse, avec l’Associated Press

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