(Ottawa) Pressé de questions en comité parlementaire, le ministre fédéral de la Santé, Jean-Yves Duclos, n’a pas voulu s’engager mardi sur la question des transferts en santé alors que le réseau hospitalier est durement éprouvé par la vague Omicron.

Mis à jour le 18 janvier
Mylène Crête
Mylène Crête La Presse

« Vous savez très bien que les provinces et le Québec ont besoin de prévisibilité, de rebâtir cette fragilité-là, donc il faut agir sur la robustesse du réseau », a plaidé le député bloquiste, Luc Thériault, porte-parole en matière de santé. « Qu’est-ce que vous attendez ? Est-ce que ça va prendre une sixième, une septième vague avant de régler la question des transferts en santé ? »

Le ministre a rétorqué que le gouvernement a versé 63 milliards « en nature ou en argent » pour aider les provinces à faire face à la pandémie. Une somme qui s’ajoute aux 43 milliards du Transfert canadien en matière de santé, aux 11 milliards alloués pour la santé mentale et aux 25 milliards promis en campagne électorale et aux 30 milliards d’aide directe aux provinces.

« 11 + 43 + 63 + 30 + 25, ce sont les chiffres froids et là-dedans, il y a un six milliards de dollars à très court terme pour répondre à ce que vous avez très bien souligné, c’est-à-dire l’urgence de réduire les délais en matière de chirurgies de toutes sortes qui ont été évidemment accrus durant la COVID-19 », a répété M. Duclos devant l’insistance de son adversaire bloquiste.

Le ministre a été convoqué par les partis d’opposition dans le cadre d’une réunion d’urgence du comité parlementaire pour faire le point sur la réponse du gouvernement à la pandémie. Il n’a pas voulu indiquer si davantage de fonds seraient alloués à la santé lors du prochain budget fédéral.

Le premier ministre Justin Trudeau a déjà indiqué que les négociations pour l’augmentation des transferts en santé se dérouleraient après la pandémie. Or, cette hausse ne se fera pas sans condition. En campagne électorale, M. Trudeau avait promis d’améliorer les soins aux aînés en signant des ententes avec les provinces comme il l’a déjà fait pour son programme national de garderies.

Les provinces veulent une augmentation immédiate des transferts en santé pour faire passer la contribution du gouvernement fédéral de 22 % à 35 %. Au Québec, cette augmentation représenterait 6 milliards de dollars supplémentaires annuellement.

Où sont les 7500 médecins et infirmières ?

C’est ce qu’a voulu savoir le député conservateur Stephen Ellis qui a demandé au ministre Duclos et, par la suite au sous-ministre à la Santé, Stephen Lucas, combien sur les 7500 médecins et infirmières promis en campagne électorale avaient été embauchés depuis le 21 septembre. « C’est une question simple », a-t-il dit au ministre Duclos qui a été incapable de lui fournir une réponse précise.

« Je n’ai pas de chiffre spécifique, a admis le sous-ministre Lucas. Je sais que les provinces travaillent à embaucher du personnel de la santé et que le gouvernement du Canada leur offre son soutien. »

Les libéraux avaient promis 3,2 milliards pour aider les provinces et les territoires à embaucher 7500 nouveaux médecins de famille, infirmières et infirmières praticiennes.