Les directives entourant la distribution du médicament Paxlovid dans la province se précisent. Le Québec distribuera le traitement par les hôpitaux et priorisera les adultes immunosupprimés à haut risque de développer une forme grave de la COVID-19.

Mis à jour le 18 janvier
Ariane Lacoursière
Ariane Lacoursière La Presse
Alice Girard-Bossé
Alice Girard-Bossé La Presse

La province recevra pour les quatre prochaines semaines 6300 traitements de Paxlovid, un médicament antiviral pouvant réduire jusqu’à 89 % les risques d’hospitalisation et de mort en raison de la COVID-19.

Par la suite, 6200 traitements seront reçus en février, et environ 19 000 en mars, a expliqué Dominic Bélanger, directeur par intérim à la Direction des affaires pharmaceutiques et du médicament au ministère de la Santé et des Services sociaux.

Québec a indiqué mardi que les adultes immunosupprimés à haut risque de développer une forme grave de la COVID-19 seront mis en priorité, « peu importe leur statut vaccinal », a indiqué Sylvie Bouchard, directrice de l’évaluation des médicaments et des technologies à des fins de remboursement à l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS).

La veille, la Dre Theresa Tam, administratrice en chef de la santé publique du Canada, avait indiqué que les personnes non vaccinées allaient faire partie des groupes prioritaires pour recevoir le traitement.

On sait que les personnes non vaccinées ont des risques plus élevés d’être hospitalisées et de se retrouver aux soins intensifs, alors on suit ces évidences.

La Dre Theresa Tam, administratrice en chef de la santé publique du Canada, durant une séance d’information technique

Le président du comité des médecins de l’Hôpital de Lachine, le DPaul Saba, rappelle qu’il est du devoir des médecins d’offrir le traitement aux personnes les plus à risque, sans discrimination par rapport au statut vaccinal. « Si la personne non vaccinée est plus à risque que la personne vaccinée, on doit lui donner », dit-il.

Connues du milieu médical

Les personnes sélectionnées pour obtenir le traitement seront dans un premier temps connues du milieu médical, a indiqué Québec. « Ce sera des gens qui sont déjà connus par leur médecin traitant, comme des gens qui ont des traitements immunosuppresseurs, parce qu’ils ont reçu une greffe ou qui ont un cancer, par exemple », précise Alain Lamarre, professeur-chercheur spécialisé en immunologie et virologie à l’Institut national de la recherche scientifique (INRS).

Ultimement, d’autres types de patients pourraient devenir admissibles au fur et à mesure que l’approvisionnement augmentera.

La Dre Lucie Opatrny, sous-ministre adjointe à la Santé, estime que l’arrivée du Paxlovid est une « très bonne nouvelle qui nous permettra éventuellement d’éviter des hospitalisations ». Elle souligne toutefois que très peu de personnes pourront en bénéficier, considérant que 600 000 personnes ont été infectées par la COVID-19 le mois dernier. « La vaccination demeure l’arme la plus efficace qu’on a [contre la COVID-19] », rappelle la Dre Opatrny.

Par l’hôpital

Le traitement, trois comprimés par voie orale, doit être administré deux fois par jour dans les cinq premiers jours après l’apparition des symptômes, a expliqué Mme Bouchard.

Ce sont les équipes de soins en milieu hospitalier qui pourront décider d’amorcer ou non un traitement de Paxlovid avec certains patients. Ceux-ci devront donc inévitablement passer d’abord par l’hôpital. Mais le traitement pourra ensuite être pris à domicile. Une cinquantaine de pharmacies communautaires participeront au déploiement de ce traitement.

Plusieurs interactions médicamenteuses peuvent aussi survenir, et celles-ci devront être soigneusement analysées avant le début du traitement, a expliqué Mme Bouchard.

« Il y a par exemple une interaction avec une classe de médicaments, les statines, pour contrôler le cholestérol. On peut arrêter ces médicaments pendant une semaine et il n’y a pas de problème », indique Bertrand Bolduc, président de l’Ordre des pharmaciens du Québec. « À l’inverse, quand c’est un médicament antirejet pour une greffe, ce n’est pas possible d’arrêter », ajoute le spécialiste.

Certains patients immunosupprimés ne pourront donc pas recevoir le Paxlovid, notamment ceux avec une insuffisance rénale grave, une maladie hépatique, atteints du VIH ou les personnes enceintes.

Les études montrent que pour éviter une seule hospitalisation, 19 personnes devront être traitées avec le Paxlovid. Mme Bouchard a d’ailleurs elle aussi rappelé que la meilleure façon de se prémunir contre la maladie demeure la vaccination. Les personnes immunosupprimées peuvent maintenant recevoir une quatrième dose de vaccin, trois mois après avoir reçu leur dernière dose. « Il ne faut pas hésiter à aller la chercher », a dit le directeur national de santé publique du Québec, le DLuc Boileau.

30

Nombre de pilules administrées par patient pendant la durée totale du traitement

Source : Pfizer

1 million

Nombre de doses du traitement Paxlovid que le gouvernement fédéral a réservées à l’entreprise pharmaceutique Pfizer

Source : gouvernement du Canada