Une, deux, trois, voire quatre doses de vaccin, plus une ou deux infections, ça fait combien d’anticorps pour affronter une cinquième vague ? Coup d’œil sur quelques cas particuliers qui attendent une dose de rappel.

Publié le 17 janvier
Judith Lachapelle
Judith Lachapelle La Presse

« Si j’ai reçu ma troisième dose il y a plus de trois mois, dois-je recevoir une dose de rappel cet hiver ? »

C’est le cas de quelques lecteurs, comme Mario St-Pierre. « Ma première dose était le vaccin AstraZeneca. La deuxième, Pfizer. Puisque je devais voyager, j’ai obtenu, il y a plus de trois mois, une seconde dose du vaccin Pfizer. Suis-je considéré comme ayant trois doses ? »

On l’appelle « troisième dose », puisque ce sera effectivement la troisième pour la grande majorité des vaccinés. Mais en fait, son nom officiel est « dose de rappel ». Et, oui, M. St-Pierre, comme toutes les autres personnes dont la dernière dose remonte à plus de trois mois, est admissible à une dose de rappel, nous confirme le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS).

Dans son dernier avis, le Comité sur l’immunisation du Québec permet à ces personnes de recevoir une « quatrième dose », pourvu qu’elles sachent qu’il « existe encore des incertitudes sur les bénéfices et les risques associés à l’administration d’une telle dose de rappel ».

« Peut-on recevoir le vaccin Moderna en troisième dose si nous avons reçu AstraZeneca en première dose et Pfizer en deuxième ? Cela posera-t-il problème pour d’éventuels voyages à l’étranger ? »

À maintes reprises ces dernières semaines, les autorités de santé publique québécoises et canadiennes ont prié les vaccinés de ne pas lever le nez sur le fabricant du vaccin qui leur serait offert pour la dose de rappel. Le plus souvent, des personnes qui avaient reçu le vaccin de Pfizer ont refusé le vaccin de Moderna qui leur était offert.

Les deux vaccins à ARNm sont similaires, affirment les experts. Les évaluations statistiques ont cependant montré une prévalence légèrement plus élevée du risque (très rare) de myocardite ou de péricardite avec celui de Moderna chez les moins de 30 ans – c’est pourquoi le vaccin de Pfizer est privilégié chez les 18-29 ans.

Un peu partout dans le monde, les autorités sanitaires reconnaissent également les vaccins de Pfizer et de Moderna. Aux États-Unis, l’interchangeabilité de ces deux vaccins en dose de rappel est permise depuis l’automne dernier. Soulignons que le schéma vaccinal qui combine des doses d’AstraZeneca et de vaccins à ARNm est également reconnu aux États-Unis.

« Combien de temps faut-il attendre après une infection pour recevoir une dose de vaccin ? »

La réponse dépend de la personne à qui on pose la question… Le 12 janvier, le MSSS a invité les personnes doublement vaccinées qui ont été infectées par la COVID-19 à recevoir leur troisième dose dès qu’elles sont rétablies. Le gouvernement a déjà annoncé que trois doses de vaccin seraient « bientôt » exigées pour que le passeport vaccinal soit valide, sans toutefois préciser la date à laquelle cette mesure entrerait en vigueur.

Jusqu’ici, la recommandation était d’attendre trois mois, ou au minimum huit semaines, avant de se faire vacciner après une infection. La nouvelle consigne permet de simplifier le message concernant l’admissibilité à la dose de rappel : si la dernière dose remonte à plus de trois mois, il est temps d’en recevoir une nouvelle, peu importe si on a souffert de la maladie. D’autant qu’avec le peu de tests disponibles ces derniers temps, il est souvent difficile de faire confirmer une infection à la COVID-19…

Le même message est diffusé dans d’autres provinces. En Ontario, l’admissibilité à la dose de rappel ne tient pas compte d’une infection. En Colombie-Britannique, on demande d’attendre 10 jours après le début des symptômes avant de recevoir la dose de rappel.

Les recommandations gouvernementales changent, mais l’analyse du DGaston De Serres, médecin-conseil à l’Institut national de santé publique du Québec, reste la même. « Lorsqu’on vient juste d’avoir une infection à Omicron, on n’est pas à risque de l’attraper la semaine suivante », dit-il. De fait, le Comité sur l’immunisation du Québec n’a pas changé sa recommandation sur un intervalle minimal de huit semaines entre une infection et une dose de rappel.

Cette recommandation repose sur le fait qu’une infection hausse déjà le niveau d’anticorps, et que dans cette situation, une dose de vaccin à court terme est peu utile. Est-ce qu’une dose de rappel immédiatement après une infection peut engendrer un risque d’effets secondaires accru ? « On a peu de données là-dessus », dit le DDe Serres. « Généralement, quelqu’un qui a fait une infection aura plus d’effets secondaires lorsqu’il recevra une dose de vaccin. Mais on ne sait pas s’il y a une grande différence s’il reçoit cette dose quatre ou huit semaines après l’infection. »