(Ottawa) La santé publique fédérale prédit que le pic de la vague propulsée par le variant Omicron est aux portes du Canada, et qu’il est « possible » qu’on l’ait franchi au Québec. Les hôpitaux, eux, ne sont toutefois pas au bout de leurs peines.

Mis à jour le 14 janvier
Mélanie Marquis
Mélanie Marquis La Presse

L’administratrice en chef de l’Agence de la santé publique du Canada, la Dre Theresa Tam, et son bras droit, le DHoward Njoo, ont présenté les plus récentes projections de la situation épidémiologique à l’échelle du pays en conférence de presse à Ottawa, vendredi.

Certains indicateurs, dont le nombre quotidien de cas, sont « actuellement extrêmement élevés », et « le nombre réel de nouvelles infections [est] considérablement sous-estimé », ont-ils prévenu d’entrée de jeu en présentant ce document où les courbes de janvier et de février sont sur fond de gris.

IMAGE FOURNIE PAR L’AGENCE DE LA SANTÉ PUBLIQUE DU CANADA

« Le taux de positivité très élevé actuel montre que la COVID-19 s’est largement propagée et que le nombre de cas sous-estime le véritable fardeau de l’infection dans la population en général [compte tenu] du volume sans précédent de cas causé par la recrudescence associée à Omicron », a affirmé la Dre Tam.

Et en dépit de cette lacune statistique, « d’autres indicateurs continuent d’être utilisés en parallèle pour surveiller d’autres aspects, notamment les tendances en matière de gravité de la maladie », a-t-elle enchaîné en présentant cette nouvelle modélisation.

Parce que le portrait brossé est national, on prévoit que le pic sera atteint dans les prochains jours, et « oui, c’est possible qu’on ait même passé le pic », a commenté le DNjoo lorsqu’on lui a demandé si les autorités québécoises avaient eu raison dire qu’il était derrière nous, jeudi.

Hospitalisations : forte hausse à venir

Le risque d’hospitalisation est plus faible avec Omicron, mais sa propagation fulgurante pèse lourd sur les systèmes de santé. En l’espace d’un mois environ, depuis décembre dernier, le nombre de personnes traitées pour la COVID-19 dans les hôpitaux a plus que quadruplé, pour s’établir à 6799 par jour, en moyenne.

Quant aux patients se trouvant aux soins intensifs, leur nombre a doublé pour atteindre une moyenne de plus de 884 par jour, et on a recensé 82 décès quotidiennement. « Le nombre de cas a commencé à stimuler une augmentation des tendances des cas de maladies graves à l’échelle nationale », a exposé le DNjoo.

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Cette pression supplémentaire sur le réseau est « évidente » au Québec et en Ontario, mais « la plupart des régions du pays commencent à voir ou devraient s’attendre à voir de fortes augmentations du nombre quotidien d’hospitalisations au cours des prochaines semaines », avertit le fédéral.

Le déclin sera « prononcé »

Selon le document du fédéral, le nombre de cas actuel à l’échelle du pays, bien que sous-estimé, s’élève à plus de 37 500 nouveaux cas quotidiens. C’est cependant un « un déclin prononcé » des infections que l’on verra dans les semaines à venir, après la poussée vertigineuse des dernières semaines.

Si les Canadiens veulent contribuer à la dégringolade, ils doivent continuer à se présenter dans les cliniques de vaccination pour aller chercher leur dose de rappel dès que possible, ont insisté la Dre Tam et le DNjoo. Au Québec, tous les adultes peuvent s’inscrire pour l’obtenir depuis jeudi soir.

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Les jeunes adultes, on le sait, sont frappés de plein fouet par la cinquième vague de la pandémie. C’est vrai, en particulier, pour les personnes âgées de 20 à 39 ans. Ce sont eux qui remportent, et de loin, la palme du plus grand nombre d’infections.

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Se dirige-t-on vers l’atteinte d’une immunité collective à l’échelle nationale ?

À cette question, le DNjoo n’a pas voulu répondre. Trop hasardeux de se prononcer là-dessus, a-t-il lancé.