Le pic des nouveaux cas et des hospitalisations pourrait bientôt être atteint dans le Grand Montréal, montrent des nouvelles projections diffusées jeudi par l’Institut national de santé publique (INSPQ). Ces données doivent toutefois être interprétées avec prudence, vu l’incertitude entourant Omicron et la situation épidémiologique toujours « fragile » au Québec.

Publié le 13 janvier
Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse

Les scénarios plus optimistes de l’organisme indépendant prévoient en effet « que les pics des cas et des nouvelles hospitalisations auraient été atteints ou pourraient être atteints d’ici le 17 janvier ».

Or, des simulations plus pessimistes prédisent à l’inverse « que les cas et les nouvelles hospitalisations pourraient continuer d’augmenter pour encore quelques jours/semaines », une augmentation qui pourrait être propulsée par le retour à l’école prévu lundi prochain et ainsi « retarder le pic des cas ».

« Dans l’une ou l’autre situation, les pics d’hospitalisations en cours et des décès surviendraient plus tard selon la durée d’hospitalisation et le délai entre l’infection et le décès. À défaut de données sur les cas, les données d’hospitalisations incidentes des prochains jours permettront de mieux comprendre la trajectoire de l’épidémie », précisent aussi les chercheurs, qui s’attendent néanmoins à « un ralentissement de la croissance » de la COVID-19 dans la « majorité » de leurs simulations.

Le vice-président aux affaires scientifiques à l’INSPQ, Éric Litvak, précise qu’un suivi de la transmission chez les jeunes au moment du retour à l’école sera « primordial pour mieux anticiper l’évolution de l’épidémie dans les prochaines semaines et le risque de percolation vers des groupes plus vulnérables ».

Encore de l’incertitude

Sur Twitter, l’Institut national d’excellence en santé et services sociaux (INESSS), indique de son côté qu’il ne publiera pas ses projections aujourd’hui « compte tenu de l’incertitude des données ». « Un travail d’ajustement des modèles de projection est en cours et la publication pourra reprendre dès qu’ils seront stabilisés », note-t-on, en soulignant que « compte tenu entre autres de la sous-estimation du nombre de cas réels et de l’incertitude entourant le taux de positivité, deux variables qui étaient prépondérantes dans nos modèles, l’Institut travaille à ajuster les modèles de projection ».

L’INSPQ prévient aussi que ses projections « doivent toutefois être interprétées avec prudence », des incertitudes demeurant concernant la sévérité du variant Omicron, dont « le risque de décès par cas, le rythme de vaccination, l’adhésion de la population aux mesures annoncées et l’impact du retour à l’école ».

Chercheur au Groupe de recherche en modélisation mathématique et en économie de la santé liée aux maladies infectieuses de l’Université Laval, Marc Brisson, appelle aussi à la prudence.

Les données d’hospitalisations, nouvelles et en cours, nous permettront de mieux comprendre la trajectoire de l’épidémie. Étant donné la transmission communautaire très élevée, la situation demeure fragile même si un ralentissement de la croissance des cas et des hospitalisations pourrait se produire prochainement.

Marc Brisson, chercheur à l’Université Laval

À peine en poste, le nouveau directeur national de santé publique par intérim, le DLuc Boileau, avait indiqué mardi que ce pic « pourrait arriver sous peu ». « Est-ce qu’il est arrivé, est-ce qu’il est installé ? Au moment où on se parle, on n’est pas capables de le confirmer. On espère ça pour nous tous, ça va de soi », avait-il lancé. Le nouveau grand responsable de la gestion de la pandémie dit avoir « espoir » qu’un ralentissement de la croissance s’observe « sous peu ».

Le premier ministre François Legault doit d’ailleurs tenir un point de presse jeudi à 15 h pour faire le point sur l’évolution de la pandémie. Il devrait notamment confirmer le retour à l’école et la levée du couvre-feu dès lundi prochain.