Le Québec a atteint un pic dans la hausse de cas de COVID-19 et en conséquence, les élèves retourneront à l’école comme prévu dès lundi prochain. Le couvre-feu sera levé ce même jour et le passeport vaccinal sera étendu aux grandes surfaces.

Mis à jour le 13 janvier
Marie-Eve Morasse
Marie-Eve Morasse La Presse
Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse

Le retour dans les écoles est « sécuritaire », a assuré le directeur national de santé publique, Luc Boileau. Les éclosions de COVID-19 dans les écoles sont le reflet de la contagion communautaire et « il n’est pas démontré » que les écoles les accentuent, a-t-il expliqué, ce qui n’exclut pas que des éclosions pourraient néanmoins survenir dans les écoles.

« Les enfants ne portent pas un grand risque de développer une infection grave qui va les amener à une hospitalisation », a déclaré le DBoileau, qui rappelle que la « très grande majorité » des enseignants ont reçu deux doses de vaccin, sinon trois. Il a aussi assuré qu’aucune direction ne lui a été donnée sur une orientation ou une autre. « J’ai plutôt embarqué là où le train était rendu », a-t-il noté, en se disant très à l’aise avec ses premières recommandations, dont celle sur la réouverture des écoles.

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Le directeur national de santé publique, le DLuc Boileau.

Il est « vraisemblable » de croire qu’une bonne partie des enfants ont déjà été infectés par la COVID-19, mais l’immunité collective pour les enfants « n’est pas un objectif », a aussi expliqué le directeur national de santé publique.

Les masques N95 ne seront pas distribués au personnel de l’ensemble des écoles. Le directeur national de santé publique a estimé que le N95, dans le contexte des écoles ou des garderies, ne donnait pas « un milieu de vie plus sécuritaire ».

« Il n’y a pas de motifs de croire qu’il y aurait un avantage à utiliser ça », a déclaré le DBoileau. On en fournira au personnel des classes spécialisées, parce que le contexte s’apparente à celui en milieu hospitalier.

Si le personnel vient à manquer dans les écoles, le ministre de l’Éducation a confirmé que des parents pourraient, en dernier recours, être appelés à venir en aide, mais refuse de parler de « délestage ». « On ne s’en va pas vers le terme délestage dans nos écoles. Je ne pense pas que ce soit un terme approprié », a déclaré Jean-François Roberge.

Une stabilisation du nombre de cas

D’entrée de jeu, le premier ministre François Legault a expliqué que le nombre de cas se stabilise au Québec. « Malgré le fait qu’on ne fait pas les tests de la même façon, on a la confirmation de la part des experts que le nombre d’infections, le nombre de cas se stabilise. Selon les experts, on a atteint il y a quelques jours un pic », a déclaré le premier ministre.

« Ça veut dire que les mesures qu’on a mises en place à la fin décembre, qui étaient dures, ont amené des résultats », a poursuivi M. Legault.

Malgré tout, le « pic est très haut » et en conséquence, la prochaine fin de semaine pourrait être « la plus dure dans le réseau de la santé », a prévenu le premier ministre.

Face au délestage qui a un impact sur plusieurs interventions dans les hôpitaux, le ministre de la Santé Christian Dubé a appelé au « courage » des gens qui sont en attente d’une chirurgie, par exemple pour un cancer. « On n’est pas rendus là encore », a toutefois assuré Christian Dubé au sujet du niveau 5 de délestage dans les hôpitaux du Québec. Si les employés de la santé rentrent au travail « comme on pense qu’ils vont rentrer, autant dans les hôpitaux que les CHSLD, ça va faire une différence », a-t-il ajouté.

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Le ministre de la Santé, Christian Dubé.

En quelques jours, le réseau de la santé est passé de 20 000 à 15 000 absents, dit le ministre. « C’est la plus belle preuve que les gens qui ont été malades pendant les Fêtes, ils commencent à revenir. »

Sans la vaccination, le Québec aurait enregistré près de 900 hospitalisations par jour et plus de 3000 morts la semaine dernière, a par ailleurs évalué le nouveau directeur national de la santé publique, Luc Boileau.

François Legault est aussi revenu sur la contribution santé qu’on envisage imposer aux gens qui ne sont pas vaccinés contre la COVID-19. L’objectif n’est pas de « faire mal aux personnes qui sont mal prises », a assuré le premier ministre, citant notamment les itinérants ou les personnes qui ont des problèmes de santé mentale. « Ce qu’on vise, c’est de dire aux personnes qui choisissent de ne pas se faire vacciner : il y a un prix à payer », a déclaré François Legault. C’est aussi « un incitatif pour les protéger eux-mêmes », a-t-il poursuivi.

Le premier ministre a toutefois reconnu qu’il « faudra regarder toute la partie légale » et voir « quelles sont les personnes qui seront exclues ». Il a soutenu qu’il sera important d’en débattre à l’Assemblée nationale avec toutes les oppositions. Le projet de loi est actuellement en rédaction et un projet de loi sera déposé éventuellement.

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