Les Québécois ayant contracté la COVID-19 pourront dorénavant obtenir leur troisième dose « dès que leur maladie sera résolue », soit dès la fin des symptômes, a annoncé mercredi le gouvernement, en disant se baser sur une recommandation de la Santé publique.

Mis à jour le 12 janvier
Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse

« Dans le contexte épidémiologique actuel, il est recommandé que toutes les personnes qui le souhaitent, incluant celles qui ont eu la COVID-19 récemment, puissent obtenir dès que possible une dose de rappel contre la COVID-19. La dose de rappel offre une meilleure protection contre le variant Omicron », a en effet indiqué le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) dans un communiqué diffusé en avant-midi.

Il s’agit d’un revirement important pour le Québec. Jusqu’ici, une période d’attente de huit semaines était prévue entre la fin d’une infection et une dose de vaccin. De plus, pas plus tard qu’en décembre, le Comité sur l’immunisation du Québec (CIQ) jugeait qu’une dose de rappel, ni même une deuxième dose, n’est nécessaire pour les personnes qui ont contracté la COVID-19. Au contraire du Comité consultatif national de l’immunisation (CCNI) au niveau fédéral, CIQ jugeait en effet qu’une infection procure une protection assez « robuste » contre le virus.

Le tout survient au lendemain de la nomination du nouveau directeur national de santé publique par intérim, le DLuc Boileau, qui est survenue dans la foulée de la démission du DHoracio Arruda. Récemment, ce dernier avait d’ailleurs affirmé que « si vous avez reçu deux doses d’ARN messager (Pfizer ou Moderna) et que vous faites la maladie, cette maladie-là vous confirme comme si c’était une troisième dose ».

Québec précise néanmoins dans sa déclaration que l’intervalle de trois mois, qui doit s’être écoulé entre la deuxième et la troisième dose, est maintenu.

Au passage, le MSSS rappelle aussi que « lorsque toute la population aura eu l’occasion de recevoir sa dose de rappel, le statut adéquatement protégé pour le passeport vaccinal passera à trois doses ». Pour le moment, deux doses demeurent suffisantes pour obtenir ce passeport.

« Pas de motif scientifique »

L’annonce du gouvernement est toutefois loin de faire consensus chez certains scientifiques. Pour Alain Lamarre par exemple, qui est professeur et chercheur spécialisé en immunologie et en virologie à l’Institut national de la recherche scientifique (INRS), « il n’y a pas de motif scientifique derrière ça ».

« De mon point de vue, l’infection agit un peu comme une immunisation et si on donne la troisième dose très tôt après, on n’a pas le temps de solidifier la réponse immunitaire. On sait que ça prend quand même plusieurs semaines avant qu’une bonne capacité de neutralisation apparaisse et se développe. Le faire quelques jours après une infection aiguë, d’un point de vue immunologique, ça ne fait pas beaucoup de sens. Ça ne sert à rien », dit-il.

Aux yeux de M. Lamarre, Québec poursuit surtout un but « de communication ». « J’ai davantage l’impression que le gouvernement essaie de passer un message pour accélérer l’accès à la troisième dose, pour tout le monde. C’est plus un effort d’urgence, de communication, que de science », ajoute l’expert.

De nouveaux devancements

Fait à noter : les dates de la prise de rendez-vous pour la troisième dose sont à nouveau devancées. Ainsi, il sera possible pour les 25 ans et plus de prendre rendez-vous dès ce jeudi. Ce l’est déjà pour les 35 ans et plus depuis ce mercredi.

Les personnes âgées de 18 ans et plus, elles, pourront prendre un rendez-vous en ligne pour obtenir une dose de rappel dès vendredi. Autrement dit, tous les adultes québécois pourront prendre rendez-vous « d’ici la fin de la semaine », indiquent les autorités.