(Ottawa) Le syndicat des agents correctionnels fédéraux affirme que quatre établissements au Québec sont « très près » de connaître une pénurie de personnel, alors que de plus en plus d’employés sont déclarés positifs à la COVID-19.

Mis à jour le 6 janvier
Erika Ibrahim La Presse Canadienne

Mario Guilmette, vice-président pour le Québec du Syndicat des agents correctionnels du Canada, a indiqué que le Service correctionnel travaillait sur un protocole à mettre en place dans les pénitenciers fédéraux du Québec en cas de pénurie de personnel.

En vertu de ce protocole, les travailleurs qui sont considérés comme des « contacts étroits » d’une personne déclarée positive pourraient être appelés à reprendre le service après s’être isolés pendant huit jours plutôt que 10.

La porte-parole du Service correctionnel du Canada, Marie Pier Lécuyer, a indiqué que jeudi, 472 employés à travers tout le pays étaient déclarés positifs à la COVID-19 ; ils étaient 248 il y a une semaine.

Le président du Syndicat des agents correctionnels du Canada, Jeffrey Wilkins, a indiqué dans un communiqué jeudi que les derniers chiffres montrent que 443 employés à travers le pays sont actuellement positifs, avec « un nombre substantiel » de ces cas étant des agents correctionnels.

Il a ajouté que les membres du syndicat ont fait des « sacrifices sans précédent » et ont constaté une « baisse continue du moral », compte tenu du changement radical des conditions de travail.

Le Service correctionnel fait par ailleurs état dans un communiqué jeudi d’une éclosion au Centre fédéral de formation à Laval. Dans cet établissement à sécurité minimale et moyenne, 14 détenus et 19 employés sont infectés par le coronavirus, indique-t-on.

Les visites en personne sont d’ailleurs temporairement suspendues à cet établissement d’une capacité totale de 454 places. Le Service correctionnel assure que 90,3 % des détenus à Laval sont pleinement vaccinés et 92,2 % ont reçu au moins une dose.

Quatre autres établissements « à risque »

Le syndicat affirme par ailleurs que quatre établissements fédéraux au Québec sont présentement à risque de manquer de personnel : l’Établissement La Macaza, l’Établissement Donnacona, l’Établissement Joliette pour femmes et le Centre régional de réception, à Sainte-Anne-des-Plaines.

Mme Lécuyer assure que les niveaux de dotation dans les établissements fédéraux au Québec sont actuellement « adéquats » pour assurer la sécurité des activités.

Selon elle, le Service correctionnel n’a rappelé au travail aucun employé déclaré positif jusqu’à ce qu’il soit complètement rétabli. L’agence a toutefois mis en place un protocole pour rappeler au besoin des employés afin de maintenir « des services de sécurité publique essentiels », explique Mme Lécuyer.

Le protocole se concentre sur le retour du personnel asymptomatique qui a terminé la majorité de sa période d’isolement de 10 jours, sur la prise de tests rapides continus ainsi que sur des mesures supplémentaires d’isolement au travail, a précisé Mme Lécuyer.

Elle a ajouté que d’autres plans d’urgence sont en place pour faire face aux diminutions de personnel, comme l’autorisation des heures supplémentaires et le remplacement des agents correctionnels par des gestionnaires, si nécessaire.

Le président du Syndicat des agents correctionnels du Canada a toutefois affirmé que lorsque des pénuries de personnel se produisent en raison de quarantaines obligatoires, le personnel est confronté à « des quantités sans précédent d’heures supplémentaires forcées », ce qui a un impact négatif sur la santé mentale et contribue à l’épuisement professionnel.

Le Service correctionnel a signalé des éclosions dans 16 prisons fédérales depuis le début du mois de décembre, date à laquelle le variant Omicron a fait son apparition dans le pays.

En comparaison, l’agence a signalé des éclosions dans 12 établissements au cours des six mois précédents.