Québec ajustera ses tests de criblage pour s’adapter à la réalité du nouveau variant Omicron, alors qu’un premier cas a été confirmé dans la province. Plus d’une centaine de voyageurs en provenance des pays visés, surtout dans le sud de l’Afrique, ont été appelés à faire un nouveau test de dépistage, et sont en isolement.

Mis à jour le 29 nov. 2021
Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse

« Un premier cas du nouveau variant a été confirmé au Québec ce matin. On a ajusté nos tests de criblage pour détecter ces nouveaux variants. Les cas seront par la suite étudiés par séquençage », a indiqué le ministre de la Santé, Christian Dubé, en conférence de presse, en parlant d’une incertitude liée au nouveau variant. « Pour les gens qui ne sont pas encore vaccinés, ce nouveau variant est une raison de le faire. »

Il a du même coup confirmé que 115 voyageurs en provenance de « pays visés par le variant, principalement des pays d’Afrique du Sud », ont été « appelés pour faire un nouveau test PCR et s’isoler avec nos équipes de Santé publique ».

On tend à penser que cette crise sanitaire est derrière nous, mais on le voit : malheureusement, elle ne l’est pas. […] Je ne veux pas inquiéter les gens, mais en même temps, je veux qu’on soit très conscients de ce qui est en train d’arriver.

Christian Dubé, ministre de la Santé

Les experts du gouvernement devraient dévoiler des analyses plus fines prochainement ; Québec prévoit d’ailleurs annoncer les mesures sanitaires qui seront en vigueur durant les fêtes dans une semaine, vers le 6 décembre. « On regarde deux choses : d’abord, l’échappement vaccinal, c’est-à-dire comment ce nouveau variant résiste au vaccin. Ce n’est pas encore confirmé que le variant est capable de passer à travers les vaccins, donc avant de prendre des décisions très importantes par rapport à la vaccination, il faut comprendre quel est l’échappement vaccinal », a insisté M. Dubé.

Ce dernier dit aussi vouloir déterminer avec précision « si ce variant-là est plus virulent ou plus contagieux, ou si c’est le contraire ». « Je demande aux Québécois voyageant à l’étranger de demeurer vigilants, parce que les exigences de retour pourraient évoluer rapidement », a-t-il aussi avancé, en invitant la population à user de prudence avant de planifier des partys de Noël. Pour les partys de bureau, un restaurant plutôt qu’un local serait de mise, disent les autorités.

« Il faut apprendre à vivre avec ce virus. Il faut vraiment respecter les mesures sanitaires. Et il faut aller se faire dépister quand vous avez le moindre doute », a encore martelé M. Dubé, en rappelant que les rassemblements de dix personnes et plus demeurent interdits. Son gouvernement salue par ailleurs la « réactivité » du gouvernement fédéral, qui a rapidement resserré les exigences pour les voyageurs venant de certains pays où le nouveau variant a été détecté.

Le criblage et le séquençage reprennent

Depuis quelques jours, la page surveillant les variants de l’Institut national de santé publique (INSPQ) n’est pas mise à jour. Sur le site web de l’organisme, on indique que le criblage n’est plus pratiqué « en raison de la dominance » du variant Delta. Mais l’arrivée du variant Omicron relancera ces activités.

« Maintenant qu’on sait qu’il y a un nouveau variant, tous les voyageurs et les gens qui reviennent de l’extérieur vont être criblés. Et si le criblage est suspect, on va les séquencer. Il y aura aussi du criblage systématique qui sera fait certaines journées pour évaluer s’il n’y aurait pas de transmission interne », a indiqué le directeur national de santé publique, le DHoracio Arruda, assurant que la capacité de séquençage sera au rendez-vous.

Reste le variant est « tout nouveau », ayant été détecté la semaine dernière, a rappelé M. Arruda « On pense actuellement qu’il est plus transmissible, qu’il se transmet beaucoup et rapidement, comme le Delta. Cela dit, il peut se transmettre plus, mais pas nécessairement être plus virulent. Il pourrait l’être plus, il pourrait l’être moins. Souvent, quand des virus mutent, c’est pour survivre, et souvent ils deviennent un peu moins virulents, mais on attend de voir », a-t-il résumé.

« On est prudents, on est préoccupés, on fait les choses pour être capables de mieux comprendre ce que ce virus-là va nous donner comme épidémiologie, et après ça on verra. Probablement qu’il va se répandre, qu’il va remplacer le Delta, en espérant qu’il soit moins virulent, moins sévère », a renchéri le DArruda.

Québec réitère que les résidants des résidences privées pour aînés (RPA) et les Québécois de 70 ans et plus doivent aller « chercher leur troisième dose » du vaccin ; pour l’heure, moins de 10 % des 60 ans et moins l’ont obtenu. « Je trouve que ça avance très lentement », a lancé M. Dubé, en rappelant que sur les 6300 cas recensés dans les derniers jours, la majorité venait de personnes non vaccinées. Le ministre compte par ailleurs demander à l’Institut national d’excellence en santé et services sociaux (INESSS) de « tenir compte » du nouveau variant dans ses projections des hospitalisations.

Avec La Presse Canadienne