Vous avez prévu un petit voyage dans le Sud pendant les Fêtes avec vos enfants ? Des écoles commencent à rappeler aux parents qu’à l’heure actuelle, les enfants non doublement vaccinés doivent toujours faire une quarantaine obligatoire de 14 jours au retour d’un voyage et qu’ils devront rater des jours de classe.

Louise Leduc
Louise Leduc La Presse

Anastasia Pomares est bien consciente de tout cela. « Nous allons partir à la Guadeloupe du 22 décembre au 5 janvier et mon fils devra manquer deux semaines de classe en raison de la quarantaine. Mais nous n’avons pas de famille ici et ça fait deux ans qu’il n’a pas vu ses grands-parents », explique-t-elle.

Étudiante à HEC, elle prévoit deux semaines difficiles au retour. « Ça va coûter cher de gardienne », note-t-elle.

PHOTO KARENE-ISABELLE JEAN-BAPTISTE, COLLABORATION SPÉCIALE

Anastasia Pomares

Pour leur part, Charlotte Prenot et son conjoint ont décidé à contrecœur d’être séparés à Noël. Lui restera au Québec avec l’aînée pour éviter qu’elle fasse une quarantaine et manque ainsi trop de jours d’école. Elle-même partira avec leur bébé dans sa parenté française. « Notre grande fille de 7 ans trouve difficile de ne pas pouvoir être du voyage », dit Mme Prenot.

Pas de vaccination à temps pour les Fêtes

Alors que flotte au Québec une odeur de retour à la normale avec le retrait du masque au secondaire et le retour vers les bureaux, cette question de la quarantaine ne doit pas être négligée.

Au gouvernement du Canada, la règle est toujours la même pour les enfants non doublement vaccinés de moins de 12 ans. Pendant 14 jours après son arrivée, « l’enfant ne doit pas se présenter à l’école, à un camp de jour ou dans une garderie ». Il ne peut pas non plus prendre les transports en commun ni participer à de grands rassemblements, « à l’intérieur ou à l’extérieur, comme un parc d’attractions ou un évènement sportif ».

Au rythme où vont les choses, même si la campagne d’immunisation des 5 à 11 ans commence sous peu, impossible que les enfants soient pleinement vaccinés pour le temps des Fêtes.

En date du 10 novembre, le ministère québécois de la Santé et des Services sociaux a rappelé dans un avis que « selon la situation actuelle et les données scientifiques récentes sur l’efficacité des vaccins contre la COVID-19 », il était toujours recommandé qu’il y ait « un intervalle de huit semaines entre les doses des vaccins à acide ribonucléique (ARN) messager contre la COVID-19 pour les personnes immunocompétentes. Cet intervalle procure une meilleure efficacité vaccinale qu’un intervalle plus court ».

Christine Dubuc, qui est agente de voyage, met bien en garde ses clients. L’assurance annulation est incontournable dans la mesure où les consignes précises de voyage peuvent encore être appelées à changer d’ici le voyage du temps des Fêtes.

« Il faut une assurance qui permet d’annuler le voyage même 24 heures avant le départ, dit-elle. Et pas une assurance de carte de crédit, mais bien une assurance du fournisseur lui-même. »

Absence scolaire au retour des vacances

La Fédération des syndicats de l’enseignement relève pour sa part que lorsqu’un enfant est malade, les enseignants vont volontiers lui donner du travail à faire pour éviter qu’il prenne du retard, « mais c’est une pratique qui n’est certainement pas encouragée pour des motifs liés aux voyages », indique Sylvie Lemieux, attachée de presse du syndicat.

L’absence d’élèves dans les jours qui suivent ou qui précèdent les grandes vacances est un grand classique qui ne date pas d’hier, que ce soit pour profiter de meilleurs prix sur les billets d’avion ou pour prolonger un séjour dans la famille à l’étranger. Mais cette fois, en raison de la quarantaine, les élèves risquent d’être absents beaucoup plus longtemps, s’inquiète Nicolas Prévost, président de la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement. Lui aussi souligne que les enseignants n’alourdiront pas leur tâche pour cela. « Ils le font quand un élève se fait opérer, mais pas pour un voyage ou un tournoi de hockey. »