Après trois semaines de baisse, les nouveaux cas de COVID-19 sont arrivés à un plateau, en raison d’un regain chez les jeunes adultes et les non-vaccinés. Les morts affichent toutefois une tendance à la baisse.

Pierre-André Normandin
Pierre-André Normandin La Presse
Alice Girard-Bossé
Alice Girard-Bossé La Presse

Le Québec a rapporté mardi 409 nouveaux cas, portant la moyenne quotidienne calculée sur une semaine à 554. Les cas de COVID-19 en cette quatrième vague avaient atteint un sommet à la mi-septembre, mais depuis une semaine, la baisse a cessé et on observe plutôt une certaine stabilité.

« Ça reste une bonne nouvelle qu’on soit sur un plateau. On a quand même réussi à contrôler cette éclosion de cas qui aurait pu être beaucoup plus importante avec la progression du variant Delta », se réjouit Benoit Barbeau, virologue et professeur au département des sciences biologiques de l’Université du Québec à Montréal.

Depuis deux semaines, 95 % des nouveaux cas détectés au Québec sont dus au variant Delta, selon l’Institut national de santé publique du Québec.

Selon le virologue, le Québec est actuellement dans une très bonne position. « Quand on se compare aux autres provinces canadiennes, on réalise que l’on passe très bien cette quatrième vague. On a probablement été avantagés par le fait que la couverture vaccinale est élevée et qu’on a conservé les mesures de restrictions. »

M. Barbeau espère que le nombre de cas demeurera stable pour les prochains mois. « Les températures commencent à être plus froides et les gens entrent à l’intérieur, ce qui fait en sorte que le virus se transmet plus facilement », a-t-il ajouté.

Si on pouvait continuer de stabiliser le tout pendant un certain temps et limiter les hospitalisations, ce serait une très bonne nouvelle.

Benoit Barbeau, virologue

La stabilisation du nombre de nouveaux cas s’explique par un léger regain de la propagation de la COVID-19 chez les non-vaccinés. On découvre en moyenne 380 nouveaux cas par jour chez ceux n’ayant pas encore reçu le vaccin, soit un taux de 202 cas par million de non-vaccinés. En comparaison, on dépiste en moyenne 155 nouveaux cas par jour chez les pleinement vaccinés, soit un taux de 24 par million de personnes.

« Les non-vaccinés sont plus sujets [à être infecté par le virus]. Il faut essayer d’aller chercher une plus forte couverture vaccinale », a indiqué M. Barbeau.

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Le nombre de cas continue de grimper dans la région de Chaudière-Appalaches, la plus touchée actuellement à l’échelle de la province. On y rapporte en moyenne 14 nouveaux cas par 100 000 habitants. Les cas actifs sont particulièrement nombreux en Beauce. On note également une augmentation dans Kamouraska.

La situation semble globalement continuer à s’améliorer dans le Grand Montréal. Laval affiche présentement 10,7 nouveaux cas par 100 000 habitants et l’île de Montréal, 6,8.

Le Québec compte actuellement 291 patients hospitalisés, soit une personne de plus que la veille. Tout comme les cas, les hospitalisations sont relativement stables.

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Les nouvelles sont toutefois meilleures aux soins intensifs, où le nombre de patients est en forte baisse. On recense actuellement 72 patients, contre 90 une semaine plus tôt.

Les deux décès rapportés mardi portent à quatre la moyenne quotidienne. C’est légèrement en baisse par rapport à la semaine précédente, où le Québec déplorait cinq morts par jour.

Les 12 à 17 ans fortement vaccinés

La campagne de vaccination continue à ralentir. À ce jour, 78,8 % de l’ensemble des Québécois ont eu au moins une dose et 75,39 % sont considérés comme pleinement vaccinés.

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Les données du ministère de la Santé indiquent que les 12 à 17 ans, derniers admissibles à la vaccination, ont désormais une couverture vaccinale plus grande que les 80 ans et plus, qui ont été les premiers admissibles à la vaccination. En effet, 93,3 % des adolescents ont reçu au moins une dose à ce jour. Seuls les 60 à 79 ans affichent une couverture vaccinale plus importante, à 94,4 %.

« Des cliniques ont été positionnées dans les écoles secondaires, particulièrement dans les régions où le taux de vaccination était le plus faible. À mon avis, le fait que le gouvernement a opté pour ces cliniques en milieu scolaire a fortement aidé à contribuer à une augmentation de la couverture vaccinale », a estimé M. Barbeau.

Il espère que cet engouement sera aussi fort chez les moins de 12 ans, lorsqu’ils auront la possibilité de se faire vacciner. « Devant le succès [des 12 à 17 ans], j’espère que le gouvernement procédera de la même façon, lorsque les vaccins pour les 5 à 11 ans seront disponibles », a-t-il conclu.