(Ottawa) Les taux de transmission actuels laissent présager que la quatrième vague de la pandémie devrait « commencer à s’estomper » dans les prochaines semaines, selon les projections dévoilées vendredi par le gouvernement fédéral.

Mélanie Marquis
Mélanie Marquis La Presse

« Malgré les défis bien réels que nous avons à relever alors que la vague actuelle atteint son sommet, les efforts déployés nous permettent d’être optimistes, bien que nous devons avoir conscience de la nécessité de demeurer prudents au cours des prochains mois », a déclaré d’entrée de jeu l’administratrice en chef de l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC), la Dre Theresa Tam.

Si les niveaux actuels de transmission demeurent stables, le nombre de cas de COVID-19 va diminuer en octobre et en novembre, et donc, cette quatrième vague pourrait être bientôt derrière nous, a-t-elle annoncé en conférence de presse virtuelle. La moyenne nationale des sept derniers jours établit à 3745 le nombre quotidien de nouvelles infections.

IMAGE FOURNIE PAR L’AGENCE DE LA SANTÉ PUBLIQUE DU CANADA

Parmi les données réjouissantes figurant dans la plus récente modélisation fédérale : le taux de reproduction (valeur Rt) est inférieur à 1 depuis deux semaines – et ce, pour la première fois depuis la mi-juillet. Cela signifie que « la tendance de l’épidémie ne continue plus de croître à l’échelle nationale », lit-on dans les documents.

Mais attention, il ne faut pas crier victoire trop vite, car la valeur Rt « vient juste de tomber sous 1 au niveau national, et elle peut encore être égale ou supérieure à 1 dans certaines régions », et si on souhaite reprendre le contrôle de la situation épidémiologique, la valeur doit être « maintenue en dessous de façon constante », a prévenu la Dre Tam.

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Il faudra ainsi continuer à faire usage de prudence pendant l’automne et l’hiver, entre autres, en maintenant les mesures de santé publique comme le port du masque et la distanciation physique… et en poursuivant l’effort de vaccination.

Car « au cours des derniers mois, on a tiré de dures leçons quant aux mesures qui ont été trop assouplies ou assouplies trop tôt, en particulier là où la couverture vaccinale demeure faible », a dit le sous-administrateur en chef de la santé publique, le DHoward Njoo.

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La couverture vaccinale, d’ailleurs, demeure très inégale d’une région à l’autre. Là où elle est le plus faible, c’est dans les régions rurales de la Colombie-Britannique, en Alberta et en Saskatchewan, de même que dans les Territoires du Nord-Ouest.

Elle est aussi inégale en fonction des groupes d’âge. Le « plus grand déficit de protection populationnel » se retrouve dans la tranche d’âge des 18 à 39 ans. Il s’agit là d’une tendance qui persiste depuis le début de l’opération de vaccination.

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À l’échelle du Canada, en date du 8 octobre, plus de 88 % des personnes âgées de 12 ans et plus ont reçu au moins une dose de vaccin, et 82 % ont reçu deux doses. Au total, plus de 27 millions de Canadiens, sur une population totale de quelque 38 millions de personnes, sont adéquatement vaccinés, et près de 57 millions de doses ont été injectées, d’après l’ASPC.

Troisième dose et vaccin pédiatrique

Jusqu’à nouvel ordre, la protection offerte par deux doses de vaccin suffit, et il n’est ainsi pas requis d’appeler la population générale à se faire injecter une troisième dose « pour l’instant », a offert le DNjoo. « Avec le temps, c’est sûr que ça va diminuer […], mais on a encore une bonne protection, certainement pour les maladies graves », a-t-il exposé.

En revanche, l’élargissement de la vaccination aux enfants âgés de 5 à 11 ans est une « lumière » qui point à l’horizon, a souligné sa patronne, la Dre Tam. Une étape a été franchie dans ce dossier il y a quelques jours, la pharmaceutique Pfizer ayant déposé auprès de Santé Canada les résultats de ses essais cliniques sur son vaccin pédiatrique.

Bilan au Québec

La tendance à la baisse des cas se poursuit au Québec, mais le nombre d’hospitalisations demeure stable tandis que les décès continuent à augmenter légèrement. La province a rapporté vendredi 643 nouveaux cas, portant à 536 la moyenne quotidienne calculée sur sept jours. La tendance est ainsi à la baisse de 15 % sur une semaine.

Le Québec compte actuellement 302 personnes hospitalisées en raison de la COVID-19, soit 5 de plus que la veille. La tendance est à la stabilité depuis une semaine. Aux soins intensifs, on dénombre 86 patients, soit 2 de moins que la veille.

De plus, 5 décès ont alourdi le bilan québécois, portant le total de décès à 11 410 depuis le début de la pandémie. La tendance sur une semaine est légèrement à la hausse pour les décès.

Tous âges confondus, 78,6 % des Québécois ont reçu au moins une dose de vaccin et 75,6 % sont pleinement vaccinés.

Avec Pierre-André Normandin, La Presse