La levée des mesures sanitaires pour revenir à des niveaux de contacts prépandémie entraînerait une forte hausse du nombre de cas et d’hospitalisations surtout chez les jeunes de moins de 12 ans, selon les nouvelles projections de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).

Alice Girard-Bossé
Alice Girard-Bossé La Presse

La tendance à la baisse du nombre de cas se poursuit au Québec, mais le nombre d’hospitalisations et de morts continue de grimper. Le Québec a enregistré une baisse de 11 % des cas sur une semaine, mais une hausse des hospitalisations de 17 %. L’évolution de la quatrième vague demeure toujours incertaine.

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L’INSPQ a présenté mardi deux scénarios pour illustrer ce qui attend le Québec au cours des prochaines semaines.

D’abord, si la population retourne au niveau de contacts sociaux observés avant la pandémie, le nombre de cas et d’hospitalisations pourrait être aussi élevé que lors des deuxième et troisième vagues. Les pics de cas et d’hospitalisations pourraient être atteints en octobre ou en novembre.

L’augmentation serait observée principalement chez les enfants de moins de 12 ans. « Les enfants sont encore à faible risque d’hospitalisation, mais s’il y a beaucoup plus de cas, ça peut amener à une augmentation des capacités hospitalières chez les jeunes », a indiqué Marc Brisson, directeur du Groupe de recherche en modélisation mathématique et en économie de la santé liée aux maladies infectieuses du Centre de recherche du CHU de Québec.

Malgré un risque faible de complications chez les enfants, un nombre important de cas dans ce groupe pourrait engendrer une augmentation des hospitalisations pédiatriques. L’INSPQ recommande donc de surveiller la capacité hospitalière pédiatrique.

« Les capacités hospitalières pédiatriques en ce moment sont vraiment limitées, mais c’est principalement à cause de la présence d’autres virus respiratoires », a indiqué le pédiatre Olivier Drouin, du CHU Sainte-Justine.

On est dans une situation vraiment plus difficile que lors des autres vagues.

Le Dr Olivier Drouin, pédiatre au CHU Sainte-Justine

Si la province optait pour une levée des mesures, la combinaison de la COVID-19 et des autres virus qui circulent rendrait la situation difficile dans les hôpitaux pour enfants. « Les capacités hospitalières sont déjà en train de déborder à cause des autres virus, donc tous les cas liés à la COVID-19 nuiraient au système de santé pédiatrique », a affirmé Nathalie Grandvaux, chercheuse au laboratoire de recherche sur la réponse de l’hôte aux infections virales du CHUM.

Maintenir les mesures

Si la population décide plutôt de maintenir la réduction de contacts dans les lieux publics et à l’école, l’INSPQ s’attend à ce que l’augmentation des cas et des hospitalisations soit plus lente et moins importante que lors des vagues précédentes, dans la majorité des régions du Québec.

Cependant, les experts préviennent d’être prudent avec l’arrivée de l’automne. En effet, l’augmentation des contacts à l’intérieur avec le rafraîchissement de la température pourrait faire basculer ces projections.

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« Je pense qu’il est vraiment trop tôt pour crier victoire sur le virus. On a vu ailleurs que lorsqu’on se réjouissait trop vite, qu’il pouvait y avoir des dérapages importants », a indiqué le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, en conférence de presse mardi.

Il a rappelé à la population de rester prudente avec l’arrivée des temps plus frais. « Il faut qu’on reste prudents parce qu’on est rendus à la mi-septembre, les froids vont arriver, les gens vont rentrer, puis on le sait que les contacts n’ont pas le même impact lorsqu’on est à l’intérieur », a indiqué le ministre Dubé.

Marc Brisson rappelle qu’un scénario similaire s’est produit l’an dernier.

En ce moment, on voit une certaine stabilisation ou même une diminution des cas dans certains groupes d’âge. On avait vu ça aussi l’an dernier au même moment de l’année, puis on a eu une augmentation des cas et des hospitalisations avec l’arrivée du temps froid.

Marc Brisson, directeur du Groupe de recherche en modélisation mathématique et en économie de la santé liée aux maladies infectieuses du Centre de recherche du CHU de Québec

Pour éviter une telle remontée des cas, l’INSPQ recommande de surveiller la transmission dans les écoles, puisque la vaccination n’est toujours pas accessible chez les jeunes de moins de 12 ans.

« Il faut essayer de tenir le coup jusqu’à ce que la vaccination soit disponible pour les 5 à 11 ans. On a espoir que ça arrive avant la fin de 2021 », a affirmé le DDrouin.

D’ici là, les experts recommandent une ventilation adéquate dans les écoles, un dépistage rapide des cas lors des éclosions et le maintien des mesures sanitaires telles que le lavage fréquent des mains.

En plus des écoles, les milieux avec une faible couverture vaccinale sont également plus à risque. « Il faut que tous les gens qui peuvent être vaccinés le soient », a résumé le DDrouin.

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La campagne de vaccination se poursuit lentement dans la province. Un peu plus de 7000 doses ont été administrées lundi, pour un total de 12,9 millions depuis le début de la campagne. Ainsi, 6,7 millions de Québécois ont eu au moins une dose, soit 77,9 % de la population, et 6,3 millions en ont eu deux, soit 73,3 %.

Avec Pierre-André Normandin et Fanny Lévesque, La Presse