En pleine quatrième vague de COVID-19, de nombreux parents excédés signalent d’importants délais dans le dépistage en Montérégie. Les cliniques de dépistage de la région font face à la plus grande affluence depuis le début de la pandémie.

Mayssa Ferah
Mayssa Ferah La Presse

Mélanie Tremblay fait partie des quelques parents ayant signalé à La Presse d’importants délais pour obtenir un rendez-vous de dépistage en Montérégie.

Quand elle a appris l’existence d’un cas de COVID-19 dans l’équipe de cheerleading de sa fille samedi dernier, la résidante de Candiac n’était pas bien inquiète. Sa fille n’était pas un contact rapproché de sa coéquipière contaminée. Elle a également porté le masque en sa présence. « Elle n’a eu aucun symptôme, mais je voulais faire le test par précaution. »

Prendre un rendez-vous lui a toutefois donné du fil à retordre. « Il faut prendre son mal en patience », dit en soupirant Mme Tremblay.

Pour en avoir le cœur net et faire dépister sa plus jeune, il fallait attendre jusqu’à mardi. « On parle de plusieurs jours entre la détection d’un cas, la prise de rendez-vous et la réception du résultat. En tant que parent, tu dois tout mettre sur pause au travail pour la garder à la maison pendant ce temps-là », déplore la mère de famille.

« Le pire dans tout ça, c’est que la fillette a été testée le samedi… par ses parents. Ils ne trouvaient pas de plage horaire pour un rendez-vous, donc ils se sont débrouillés pour obtenir un test rapide grâce à des contacts ! Sans ce test rapide, ils auraient attendu. »

Selon Mme Tremblay, la Santé publique a mis du temps à réagir. « C’est la direction qui s’est chargée d’appeler tous les contacts rapprochés. C’est peut-être un cas isolé, mais il y a eu un manque de proactivité. »

Mélanie Tremblay n’était pas au bout de ses peines. Son fils de 13 ans, adéquatement vacciné, a été en contact rapproché avec un cas de COVID-19 mercredi dernier. La clinique sans rendez-vous à Brossard ouverte lors des vagues précédentes n’existe plus, a-t-elle constaté avec déception. Encore une fois, un délai de deux jours s’impose pour le test de dépistage. En insistant pendant de longues minutes au téléphone, elle a déniché un rendez-vous le lendemain. La plage horaire s’était libérée à la suite d’une annulation.

« Un moment donné, si la Santé publique est surchargée, il faut permettre aux gens de pouvoir dépister le virus rapidement. Le variant Delta est quatre fois plus contagieux. Comment ça se fait que ce soit quatre fois plus long pour [les gens en Montérégie] de se faire dépister ? »

Manque de personnel

Les CISSS de la Montérégie-Centre et de la Montérégie-Est sont conscients des délais d’attente et des inconvénients que ceux-ci occasionnent pour les familles, expliquent les deux organisations par courriel.

Les cliniques de dépistage du territoire de la Montérégie-Centre font face à une affluence inédite, souligne d’ailleurs Joëlle Jetté, agente d’information aux relations avec les médias. Lors des vagues précédentes, la demande de rendez-vous pour obtenir un test de dépistage s’élevait à 1500 personnes par jour. Désormais, on parle de 2000 demandes quotidiennement.

« Le réseau doit composer avec un manque criant de personnel », justifie le CISSS de la Montérégie-Est par courriel. Des initiatives pour rendre le processus de dépistage plus fluide sont donc en cours. On vise l’augmentation du nombre de personnes testées simultanément.

La plupart des volontaires postés aux cliniques de dépistage ont été recrutés grâce à la plateforme « Je contribue ». Le CISSS invite les personnes intéressées à postuler.

Le CISSS de la Montérégie-Est perçoit également les contrecoups des délais d’attente. « Nous nous assurons de moduler l’offre selon la demande et les éclosions en cours dans divers secteurs. Nous ajoutons régulièrement des plages, mais elles se comblent rapidement. Nous avons aussi ajouté des quarts de soir récemment », confirme-t-on par courriel.

Face à cet afflux, le CISSS refuse de dépister les voyageurs et les invite à se tourner vers le privé.

« Le réseau de la santé doit travailler avec une pénurie de main-d’œuvre comme on le sait et nos sites de dépistage ne font pas exception. »

Trois centres de dépistage, à Boucherville, à Longueuil et à Saint-Hyacinthe, sont accessibles. Par contre, la région ne dispose pas de clinique sans rendez-vous.