Le Québec a frôlé le cap des 1000 nouveaux cas de COVID-19 samedi : 995 nouvelles infections ont été recensées. Cette hausse des cas n’étonne pas les experts, mais suscite l’inquiétude.

Coralie Laplante
Coralie Laplante La Presse
Alice Girard-Bossé
Alice Girard-Bossé La Presse

Les nouveaux cas rapportés samedi portent la moyenne quotidienne calculée sur sept jours à 714.

Le nombre d’hospitalisations a augmenté, pour un total de 218 personnes hospitalisées à l’heure actuelle, soit 11 de plus que la veille. On compte maintenant 75 personnes aux soins intensifs, une augmentation de 3. Les plus récentes données dans la province font état de 3 nouveaux décès.

« On voyait que ça montait, mais c’est quand même troublant, rendu à presque 1000 », lance André Veillette, professeur de médecine et directeur de l’Unité de recherche en oncologie moléculaire à l’Institut de recherches cliniques de Montréal.

« C’est inquiétant parce que ça montre qu’il y a de plus en plus de virus. Et on sait que les deux tiers des gens ne vont pas se faire tester, donc il y a probablement plus de cas que ça », poursuit le spécialiste.

Une situation au cœur des discussions de Québec. « Les cas continuent d’augmenter, on s’y attendait avec la rentrée. Ce qui nous préoccupe entre autres, ce sont les nouvelles hospitalisations : 36 entrées [de plus], dont 32 personnes non adéquatement vaccinées », a écrit le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, dans une publication sur Twitter.

« On a beaucoup moins de risque [en étant vacciné] d’attraper et de transmettre la COVID, et de développer des symptômes graves », rappelle Roxane Borgès Da Silva, professeure à l’École de santé publique de l’Université de Montréal. Elle souligne que les personnes non vaccinées et les enfants de moins de 12 ans, qui n’ont pas accès à la vaccination, contribuent à l’augmentation actuelle des cas.

La rentrée scolaire a un impact sur la progression du virus, estiment les deux experts interrogés par La Presse. Les enfants et les jeunes étudiants ont moins de chances d’être hospitalisés en raison du virus, mais ils peuvent le transmettre à d’autres personnes, souligne André Veillette.

Plus il y a de cas, plus il y a de possibilités que des gens vulnérables […] l’attrapent. Évidemment, toutes les personnes infectées sont des usines à variants.

André Veillette, professeur de médecine et directeur de l’Unité de recherche en oncologie moléculaire à l’Institut de recherches cliniques de Montréal

Le nombre de tests réalisés le 10 septembre s’est élevé à 26 329. Le taux de positivité était de 3,4 %, soit toujours en deçà du seuil de 5 % au-delà duquel des mesures sanitaires plus strictes s’imposent, selon l’Organisation mondiale de la santé.

Jusqu’à maintenant, plus de 55 759 cas de variants préoccupants ont été identifiés au Québec depuis le début de la pandémie, dont 45 647 du variant Alpha et 6822 du variant Delta. Entre les 22 et 28 août, 66,8 % des cas recensés étaient des infections par le variant Delta.

Doit-on appréhender un retour en arrière ?

Un nouveau confinement qui aurait « un impact sur la santé mentale, l’économie et l’apprentissage scolaire » ne serait pas optimal pour freiner la flambée des cas, selon Roxane Borgès Da Silva. Selon la professeure, le déploiement des tests antigéniques et une meilleure ventilation des espaces clos font partie de la solution. L’experte rappelle que le virus est transmis par aérosols.

On n’utilise pas tous les outils qu’on a dans notre coffre à outils pour contenir la contamination.

Roxane Borgès Da Silva, professeure à l’École de santé publique de l’Université de Montréal

Le port du masque, la distanciation sociale et l’élargissement des endroits où le port du masque est obligatoire contribueraient également à diminuer l’impact de la quatrième vague, dit André Veillette.

Troisième dose bientôt nécessaire ?

Des études étrangères, notamment israéliennes, ont rapporté une diminution de l’efficacité des vaccins avec le temps.

Selon André Veillette, il est important d’observer les données canadiennes sur le sujet, dans le but d’administrer des troisièmes doses rapidement, si nécessaire, aux personnes vulnérables, dont les plus âgées. « Ce sont les gens qu’il faut garder à l’œil, et au moindre signe que [l’efficacité] commence à diminuer chez ces gens-là, il faut leur donner une troisième dose », affirme-t-il.

Le Comité consultatif national de l’immunisation a recommandé vendredi qu’une troisième dose de vaccin soit administrée aux personnes immunosupprimées.

Le ministère de la Santé a indiqué samedi que 23 328 injections supplémentaires avaient été administrées vendredi, dont 8079 à des personnes qui retroussaient leur manche pour la première fois.

Jusqu’à présent, 88 % de la population de 12 ans et plus a reçu sa première dose et 81 % ont reçu leur deuxième dose.

En chiffres

6 098 672

Nombre de deuxièmes doses de vaccin qui ont été administrées au Québec, en date du 11 septembre

Source : Santé Québec

382

Nombre d’éclosions actives de COVID-19 au Québec

Source : Santé Québec