Si la vaccination permet de diminuer les risques de complications et la propagation du virus dans la province, elle ne protège pas complètement contre la maladie. Des Québécois adéquatement vaccinés ayant contracté le virus dans les deux dernières semaines nous racontent leur expérience.

Alice Girard-Bossé
Alice Girard-Bossé La Presse

Le samedi 28 août dernier, Maxime-Andrea Brinon ne se sentait pas bien. « J’avais des frissons, mais cette journée-là, il y avait une grosse baisse de température [à l’extérieur], alors je ne me suis pas trop posé de questions », se remémore-t-il.

Deux jours plus tard, M. Brinon avait de la congestion nasale et perdu l’odorat. Le lendemain, il est allé subir un test de dépistage. Le résultat a été positif.

M. Brinon avait pourtant reçu sa première dose de vaccin au début du mois de mai et sa deuxième en juin. « J’étais extrêmement surpris, parce qu’on a le sentiment d’être extrêmement à l’abri de la contamination lorsqu’on est vacciné », a-t-il affirmé.

La semaine dernière, M. Brinon a fait de la fièvre. Il avait également des courbatures, de la fatigue extrême, de la congestion nasale et des frissons.

Les jours ont passé et sa situation s’est améliorée rapidement. Aujourd’hui, huit jours après le début de ses symptômes, il se porte beaucoup mieux. « J’ai une légère congestion, mais c’est tout », dit-il.

Il se réjouit de n’avoir eu que des symptômes légers s’apparentant à une grippe. « Mes symptômes n’étaient pas comparables avec ceux des personnes non vaccinées ou partiellement vaccinées. »

Une protection notable

La majorité des nouveaux cas de COVID-19 se concentre chez les non-vaccinés. Depuis une semaine, le Québec recense en moyenne 471 nouveaux cas par jour chez les personnes n’ayant reçu aucune dose de vaccin, contre 113 chez les pleinement vaccinés. Or, on compte trois fois plus de doubles vaccinés.

Le taux de propagation chez les non-vaccinés est ainsi de 221 nouveaux cas par million de personnes par jour, contre 19 chez les pleinement vaccinés.

Quand on est vacciné, on a des anticorps qui peuvent bloquer le virus et l’empêcher de se fixer aux récepteurs de nos cellules, donc les risques qu’on se fasse infecter sont moins grands.

Alain Lamarre, professeur-chercheur spécialisé en immunologie et en virologie à l’Institut national de la recherche scientifique (INRS)

Il en va de même pour les hospitalisations. Le Québec enregistre 17 nouvelles hospitalisations chaque jour chez les non-vaccinés, contre 4 chez les pleinement vaccinés. Le taux quotidien d’hospitalisations est ainsi de 8,1 par million de personnes, contre 0,7 pour les pleinement vaccinés.

« En général, les gens vaccinés ont moins de symptômes, donc il y a moins de risques qu’ils soient hospitalisés. S’ils vont à l’hôpital, ça risque aussi d’être moins sévère », a indiqué M. Lamarre.

« Heureusement qu’on est vaccinés »

La famille de Claudine Ménard a également contracté la COVID-19 il y a deux semaines, malgré sa vaccination complète.

Le 23 août, son conjoint a commencé à avoir le nez qui coule. « Au début, il pensait qu’il avait des allergies. Il n’avait pas de fièvre ni rien d’alarmant. Il prenait des Reactine en se disant que ça allait passer », a-t-elle raconté.

Une semaine plus tard, son fils aîné, âgé de 11 ans, est revenu de l’école dans un piteux état. « Il avait le nez qui coulait et il avait mal à la tête », a raconté sa mère. Il a reçu, deux jours plus tard, un résultat positif à la COVID-19.

Le 1er septembre, Mme Ménard et son fils cadet, âgé de 8 ans, ont également commencé à développer des symptômes. « J’avais de la toux, de la congestion, des maux de tête, des courbatures et la perte du goût et de l’odorat », a-t-elle énuméré.

Au cours de la semaine suivante, toute la famille a reçu un test positif.

J’étais vraiment surprise. On sait qu’on peut attraper la COVID-19 avec des symptômes moins intenses, mais on dirait qu’on l’oublie.

Claudine Ménard

Aujourd’hui, les enfants se portent beaucoup mieux, mais quelques symptômes persistent chez les parents. « On n’a pas encore retrouvé le goût et l’odorat », indique-t-elle.

Elle se réjouit toutefois que leurs symptômes ne soient pas plus graves. « Heureusement qu’on est vaccinés, parce que ça aurait probablement été pire. Au moins, en ayant eu les deux doses, je ne risque pas d’être hospitalisée. »

À ce jour, 6,6 millions de Québécois ont reçu au moins une dose, soit 76,2 % de la population de la province. Du nombre, 6 millions ont leurs deux doses, soit 70,3 % des Québécois.

« C’est important de rappeler qu’on peut attraper le virus même avec le vaccin, donc il faut être vigilant. Cependant, il faut être rassuré, parce que si on l’attrape, ce sera probablement une petite grippe », a conclu M. Brinon.

Avec Pierre-André Normandin, La Presse