(Montréal) Des chercheurs du Centre de recherche du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CRCHUM) sont d’avis qu’une troisième dose de vaccin contre la COVID-19 pourrait être requise pour certaines personnes vivant avec le VIH.

Stéphane Blais La Presse Canadienne

Aux États-Unis, les autorités encouragent l’injection d’une troisième dose de vaccin à ARN messager contre la COVID-19 chez les personnes immunosupprimées, mais selon la Dre Cécile Tremblay, « si plusieurs études ont évalué la réponse vaccinale chez des patients transplantés, en dialyse ou atteints d’une maladie auto-immune ou d’un cancer, peu d’études ont mesuré la réaction des personnes vivant avec le VIH. »

C’est ce qui a motivé l’équipe de la microbiologiste-infectiologue et chercheuse au CRCHUM à recruter une centaine de personnes séropositives au VIH pour mesurer leur immunogénicité après avoir reçu le vaccin Moderna.

« On a mesuré les anticorps au départ, avant de recevoir la première dose de vaccin, et ensuite on a mesuré les anticorps quatre semaines après avoir reçu la première dose, et on continue de les suivre à long terme », a indiqué la Dre Tremblay.

Les résultats ont été comparés avec un groupe contrôle formé de travailleurs de la santé.

Les données préliminaires indiquent que la réponse au vaccin des gens qui vivent avec le VIH se compare à celle de la population générale, toutefois, les chercheurs ont constaté « une réponse bien inférieure chez le groupe d’individus ayant un faible taux de CD4+ ».

Les lymphocytes CD4+ sont des cellules qui ont un impact important sur la production d’anticorps.

« Si la tendance se maintient après la deuxième dose, ces données supporteraient l’hypothèse que la réponse immune augmenterait avec des doses de rappel ou une autre posologie », a précisé Andrés Finzi, chercheur au CRCHUM et professeur à l’Université de Montréal.

C’est donc pour les personnes qui vivent avec le VIH et qui ont un faible taux de CD4+ qu’une troisième dose de vaccin contre la COVID-19 pourrait être requise.

L’article des chercheurs du CRCHUM a été publié sur le serveur de préimpression bioRxiv, en attendant d’être accepté par un comité de rédaction d’une revue scientifique.