Le Québec a enregistré une hausse des cas au cours de la dernière semaine. Il s’agit de la première hausse depuis le sommet de la troisième vague, en avril dernier. L’augmentation se concentre principalement chez les jeunes adultes, qui continuent à être moins vaccinés contre la COVID-19.

Pierre-André Normandin
Pierre-André Normandin La Presse
Alice Girard-Bossé
Alice Girard-Bossé La Presse

Le nombre de cas a légèrement augmenté au Québec. La province a enregistré 511 cas au cours de la dernière semaine, contre 478 durant la précédente. Il s’agit de la première hausse depuis le sommet de la troisième vague.

« Ce n’est pas un gros changement, mais il faut garder l’œil dessus parce que ça va peut-être continuer à monter », indique André Veillette, professeur à la faculté de médecine de l’Université de Montréal.

L’augmentation se concentre principalement chez les jeunes adultes. Les 20 à 29 ans affichent une augmentation de 43 % du nombre des cas sur une semaine. Les 30 à 39 ans, quant à eux, ont vu leur nombre de cas grimper de 20 % en sept jours. À l’inverse, la majorité des autres tranches d’âge affichent une baisse ou une tendance stable. C’est à Laval et à Montréal que l’on recense le plus de cas actifs en ce moment.

Hospitalisations en baisse

Le nombre de personnes hospitalisées en raison de la COVID-19 a cependant continué à diminuer. On en compte actuellement 78, soit 6 de moins que la semaine précédente. Sur ce nombre, 23 se trouvent aux soins intensifs, soit 2 de moins qu’à pareil jour la semaine dernière.

Notons que la vaste majorité des personnes hospitalisées ces quatre dernières semaines n’étaient pas adéquatement vaccinées. Des 106 personnes hospitalisées durant cette période, 60 % n’étaient pas vaccinées ou avaient reçu leur première dose depuis moins de 14 jours. Un peu moins du tiers (30 %) avaient reçu une seule dose, et 9 % avaient leurs deux doses.

La vaccination ralentit

Le rythme de la campagne de vaccination a faibli depuis une semaine. Le Québec administre à l’heure actuelle en moyenne 88 000 doses de vaccin par jour. Ce rythme est inférieur aux 100 000 doses administrées quotidiennement il y a une semaine, mais reste assez élevé pour atteindre l’objectif de vacciner 75 % des 12 ans et plus d’ici la fin de l’été.

André Veillette rappelle l’importance de se faire vacciner rapidement. « Le vaccin est fantastique. Il protège contre les maladies qui mènent à des hospitalisations et des morts. C’est vrai aussi pour le variant Delta, pourvu que les personnes aient eu deux doses », indique-t-il.

À ce jour, 6,2 millions de Québécois ont reçu au moins une dose, soit 72 % de la population. Cette proportion grimpe à 82 % si l’on tient compte uniquement des 12 ans et plus. Enfin, 3,9 millions de Québécois ont reçu leurs deux doses, soit 46 % de la population – 53 % chez les 12 ans et plus.

Prudence avec le variant Delta

Depuis une semaine, 5,3 % des nouveaux cas de COVID-19 étaient dus au variant Delta, originaire de l’Inde. Le variant Alpha, originaire du Royaume-Uni, demeure en ce moment la principale souche (57 %) des nouveaux cas, mais il pourrait rapidement céder sa place au variant Delta, estiment les experts.

Le variant Delta infecte les cellules beaucoup plus rapidement que les autres variants, explique M. Veillette. Les personnes infectées transmettent également le virus à d’autres beaucoup plus rapidement.

Selon le professeur, il faut s’attendre à ce que le variant Delta remplace le variant Alpha au cours des prochains mois. « Je ne pense pas qu’on va vaincre le variant Delta. Il va être avec nous et il va causer du trouble, c’est certain », estime-t-il.

Lorsque le variant Delta sera bien installé dans la province, le nombre des cas risque d’augmenter radicalement, soutient M. Veillette.

Ça va être surtout les gens non vaccinés qui vont être infectés, mais certaines personnes vaccinées vont l’être aussi.

André Veillette, professeur à la faculté de médecine de l’Université de Montréal

L’Institut national de santé publique du Québec n’a pas diffusé davantage d’informations sur la répartition des cas du variant Delta dans la province. L’institut prévoit de publier cette semaine des données sur l’évolution hebdomadaire de la proportion du nombre des cas confirmés et présomptifs du variant.

Faible positivité

Le taux de positivité des tests est demeuré extrêmement bas. À peine 0,5 % des tests réalisés depuis une semaine se sont avérés positifs à la COVID-19, un taux stable depuis un mois. C’est nettement en deçà du seuil des 5 % recommandé par l’Organisation mondiale de la santé.

À court terme, il faut continuer de se faire vacciner, de porter le masque à l’intérieur, d’améliorer la ventilation et d’utiliser des tests rapides, indique M. Veillette. « Le variant Delta s’en vient, mais il faut minimiser les dommages », conclut-il.