Lorsque des éclosions surviendront après le 1er septembre, l’accès à certaines activités jugées non essentielles sera réservé aux personnes pleinement vaccinées, a annoncé le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, jeudi.

Ariane Krol
Ariane Krol La Presse
Pierre-André Normandin
Pierre-André Normandin La Presse

« C’est clair qu’en cas d’éclosion, les personnes qui sont adéquatement vaccinées vont avoir une situation plus normale », a déclaré le ministre Dubé en point de presse à Montréal.

L’accès pourra être restreint dans deux catégories d’activités : à risque élevé (bars, restos, gyms, sports d’équipe, etc.), et à risque modéré ou faible regroupant un grand nombre de personnes (arts et spectacles, festivals et grands évènements, matchs sportifs, etc.).

Les commerçants devront utiliser une application fournie par Québec pour vérifier la preuve vaccinale (code QR) présentée par le client.

Les personnes qui ne seront pas complètement vaccinées se verront refuser l’entrée « si, et seulement si, la transmission ou des éclosions le justifient dans un secteur d’activité ou un territoire donné », a souligné le ministre de la Santé. Elles ne se feront jamais refuser des services publics ou essentiels, et une formule sera trouvée pour les Québécois dont l’état de santé les empêche de recevoir le vaccin.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

Christian Dubé, ministre de la Santé et des Services sociaux

Le ministre Dubé a interpellé les jeunes adultes de 18 à 30 ans, en particulier ceux de Montréal, de Laval, de l’Outaouais, de la Mauricie et du Centre-du-Québec, dont les taux de vaccination sont encore inférieurs à 75 %.

« Attendez pas de vous voir interdire l’accès aux bars ou à des activités qui sont importantes pour vous si la situation se détériorait ! »

Viser plus de 80 %

Québec s’est donné pour objectif d’avoir pleinement vacciné 75 % de la population de 12 ans et plus à la fin de l’été. Mercredi, 82 % de la population québécoise avait déjà reçu au moins une dose.

« Je pense que ce ne sera pas assez si on a un virus qui est très, très, très virulent en septembre », a fait valoir M. Dubé. Il souhaite maintenant que 80 % de la population ait reçu deux doses.

On veut aller chercher 80 [%], et si on est [davantage] capable d’aller chercher les plus jeunes, on va monter à 82-83 %.

Christian Dubé, ministre de la Santé et des Services sociaux, parlant de la population pleinement vaccinée

Pour l’instant, les plus de 70 ans sont le seul groupe d’âge dont au moins 80 % de la population est considérée comme adéquatement vaccinée (deux doses, ou une dose chez ceux qui ont déjà contracté la COVID-19).

Avis éthique

Un passeport immunitaire « serait justifiable en tant que mesure complémentaire et temporaire », avait jugé le Comité d’éthique de santé publique (CESP) dans un avis indépendant publié en avril dernier.

« Il nous semblait que c’était un outil dont il ne fallait pas se priver, même s’il présente des inconvénients », a expliqué en entrevue téléphonique le président de ce comité, Bruno Leclerc, en évoquant les bénéfices liés au maintien des activités « pour la santé mentale, la santé physique, la socialisation, la reprise économique ».

Le passeport présenté jeudi par Québec reprend plusieurs des conditions d’acceptation éthiques posées dans le rapport, a constaté M. Leclerc.

Le passeport vaccinal en bref

Quoi ? En cas d’éclosion, l’accès à des services non essentiels sera réservé aux clients complètement vaccinés.

Où ? Deux catégories d’activités : à risque élevé regroupant un nombre limité de personnes (gyms, bars, restos, sports d’équipe), et à risque modéré ou faible regroupant un grand nombre de personnes (arts et spectacles, festivals et grands évènements, matchs sportifs).

Comment ? L’accès sera contrôlé à l’entrée au moyen d’une application sur téléphone intelligent, qui permettra de vérifier la preuve vaccinale des clients et de refuser l’accès à ceux qui ne sont pas complètement vaccinés.

Quand ? À partir du 1er septembre.