Le Comité consultatif national de l’immunisation (CCNI) a recommandé jeudi aux provinces de ne plus utiliser le vaccin d’AstraZeneca en deuxième dose pour les personnes l’ayant reçu en première dose, à moins qu’un vaccin à ARN messager comme Pfizer ou Moderna soit inaccessible ou encore contre-indiqué.

Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse

« Un vaccin à ARNm est désormais privilégié comme deuxième dose pour les personnes ayant reçu une première dose du vaccin d’AstraZeneca/COVISHIELD, sur la base des données probantes émergentes d’une réponse immunitaire potentiellement meilleure avec ce calendrier de vaccination mixte, et pour atténuer le risque potentiel de TTIV [thrombocytopénie immunitaire prothrombotique induite par le vaccin] associé aux vaccins à vecteur viral », a indiqué le comité fédéral dans une déclaration parue en après-midi.

Néanmoins, le CCNI se veut rassurant et affirme que « les personnes qui reçoivent deux doses du vaccin d’AstraZeneca/COVISHIELD peuvent être assurées d’avoir une bonne protection contre la COVID-19 et une très bonne protection contre les maladies sévères et les hospitalisations ».

La présidente du CCNI, la Dre Shelley Deeks, a précisé que « de nouvelles données probantes commencent à émerger, laissant entendre que la réponse immunitaire est meilleure lorsqu’une première dose du vaccin d’AstraZeneca est suivie d’un vaccin à ARNm comme deuxième dose ».

Le CCNI comprend que des personnes puissent se sentir mal à l’aise en suivant un calendrier de vaccination mixte et suggère de parler avec un professionnel de la santé pour décider du produit vaccinal à recevoir pour la deuxième dose.

La Dre Shelley Deeks

Par ailleurs, les Canadiens qui recevraient une première dose de Pfizer ou Moderna devraient « se voir proposer le même produit à ARNm pour leur deuxième dose », persiste le comité. « Si le même produit n’est pas facilement disponible ou si le produit utilisé pour la première dose est inconnu, un autre vaccin à ARNm est considéré comme étant interchangeable et devrait être utilisé pour terminer la série », dit-on.

Dans un rapport plus complet publié sur son site, le CCNI ajoute qu’en raison du risque de TTIV associé à la deuxième dose du vaccin d’AstraZeneca, « proposer un autre produit ayant un profil d’innocuité plus acceptable et un profil d’immunogénicité comparable attendu, tout en permettant aux personnes de faire un choix éclairé, est éthiquement justifiable ».

Le tout survient alors qu’au Québec, le ministre de la Santé, Christian Dubé, a dû apporter des clarifications jeudi à la suite de la publication d’un avis sur le site du gouvernement. Ce dernier indiquait d’abord, en date de mercredi, que « les personnes de 18 ans et plus qui ont reçu le vaccin Covishield ou AstraZeneca comme première dose devraient recevoir un vaccin Pfizer ou Moderna pour leur deuxième dose ».

En point de presse jeudi, M. Dubé a toutefois indiqué que la mention mise en ligne la veille est une « erreur de communication ». Le ministre a affirmé qu’au lieu du mot « devraient », on aurait dû lire « pourraient ». Le tout a été corrigé en ligne.