Le Québec n’est pas à l’abri d’une quatrième vague si la couverture vaccinale de l’ensemble de la population n’est pas suffisante, a affirmé mardi Horacio Arruda. Le directeur national de santé publique a réitéré l’importance de recevoir deux doses de vaccin.

Coralie Laplante
Coralie Laplante La Presse
Pierre-André Normandin
Pierre-André Normandin La Presse

« On est relativement épargnés, mais tout pourrait changer avec l’augmentation des contacts et la rentrée scolaire au mois d’août », a déclaré Horacio Arruda en conférence de presse.

L’arrivée possible de nouveaux variants est au cœur des préoccupations de Québec. « Faites-vous vacciner [avec les] deux doses. Une, ce n’est pas assez ; même si ça ne circule pas, ça pourrait revenir », a martelé le directeur national de santé publique, en faisant référence au coronavirus.

« Mais il y a une chose qui est certaine, c’est que la vaccination est la solution », a pour sa part affirmé le ministre de la Santé, Christian Dubé.

« Les vaccins tels qu’on les connaît […] demeurent très efficaces lorsqu’ils sont utilisés sous la forme de deux doses contre le variant Delta », précise en entrevue Benoit Barbeau, professeur au département des sciences biologiques de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et virologue.

Malgré tout, l’expert estime qu’une quatrième vague aura « sûrement » lieu.

« À l’approche des cours en présentiel et du retour au travail pour la majorité de la population québécoise, les gens vont avoir plus de contacts. Les mesures ne seront peut-être pas aussi restrictives qu’en ce moment », estime le virologue.

« Ça va être plutôt une vaguelette », selon Marie-France Raynault, professeure émérite en médecine sociale et préventive à l’École de santé publique de l’Université de Montréal (ESPUM). Elle croit toutefois qu’une protection vaccinale adéquate permettrait de réduire l’ampleur d’une nouvelle hausse des cas.

« La deuxième dose, les gens se précipitent pour la recevoir. C’est très encourageant pour ce qui pourrait se passer à l’automne. [Mais] ça ne veut pas dire qu’on ne pourrait pas avoir de cas », soutient Mme Raynault.

La COVID-19 perd d’ailleurs du terrain au Québec. Dès lundi, les régions du Bas-Saint-Laurent, du Saguenay–Lac-Saint-Jean, de la Mauricie et du Centre-du-Québec passeront au palier d’alerte vert.

L’annonce d’autres assouplissements dans le courant de l’été n’est pas écartée par Québec.

« Il va y avoir certaines modifications aux paliers de couleur, particulièrement [aux paliers] jaune et vert, qui vont être annoncées, tout ça en tenant compte de l’épidémiologie », a déclaré Horacio Arruda.

L’implantation d’un « palier bleu » est aussi envisagée à l’automne.

Difficultés sur Clic Santé

Les vaccins d’AstraZeneca et de Moderna sont de nouveau accessibles en deuxième dose sur rendez-vous, pour les groupes d’âge y ayant droit, a aussi annoncé Québec mardi.

Les personnes ayant reçu une première dose d’AstraZeneca qui souhaitent recevoir un autre vaccin pourront en faire la demande sur place. Ce sont notamment les surplus de Moderna qui permettent de proposer une solution de rechange au vaccin d’AstraZeneca.

Québec, en effet, s’attend à recevoir 1,6 million de doses de Moderna au cours des deux prochaines semaines, soit 500 000 de plus que le nombre initialement prévu.

Mardi, de nombreuses personnes ont rencontré des difficultés lorsqu’elles tentaient de devancer leur rendez-vous pour leur deuxième injection sur la plateforme Clic Santé.

Les Québécois sont invités à retourner fréquemment sur le site pour voir si des plages horaires sont vacantes. La situation devrait être corrigée dans les prochains jours, assure le directeur de la campagne de vaccination contre la COVID-19 au Québec, Daniel Paré.

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Ceux qui désirent devancer leur rendez-vous pour leur deuxième dose se verront offrir une plage horaire à l’endroit où ils ont reçu leur première injection. Toutefois, il est possible, si on le désire, de se présenter dans un centre de vaccination sans rendez-vous où le vaccin reçu initialement est offert.

Dès mercredi, un portail sera accessible afin de permettre aux personnes vaccinées de télécharger leur preuve vaccinale. Ceux qui éprouvent des difficultés en raison d’erreurs d’inscription de leurs informations personnelles dans le système informatique devront se présenter dans une clinique de vaccination pour les corriger.

« À ce moment-là, vous serez capable d’obtenir votre deuxième dose, à moins d’avis contraire », a précisé Christian Dubé.

Le Québec poursuit l’administration des vaccins à bon rythme. À ce jour, 5,8 millions de Québécois ont reçu au moins une dose, soit 68,2 % de la population de 12 ans et plus. De ce nombre, 1 020 835 en ont reçu deux, soit 11,9 %.

Un bilan qui s’allège

La courbe du virus continue de s’aplatir dans la province. La Santé publique a rapporté 105 nouveaux cas de COVID-19 au Québec mardi, soit 18 de moins que la veille.

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La moyenne quotidienne calculée sur sept jours se chiffre dorénavant à 158. Cela représente une baisse de 30 % sur une semaine.

Quatre décès supplémentaires ont aussi été recensés mardi. La moyenne est demeurée stable, à trois décès liés aux suites du virus par jour.

Le fardeau sur le réseau de la santé continue également de s’alléger. Le ministère de la Santé et des Services sociaux a recensé cinq hospitalisations de moins que lundi, pour un total de 209 personnes en centre hospitalier traitées pour la COVID-19.

Près de 50 % des gens asymptomatiques lors d’une deuxième infection

Ce sont 1522 personnes qui ont été infectées à deux reprises par la COVID-19 dans un intervalle de 90 jours, selon les données présumées de l’Institut national de santé publique du Québec. De ce nombre, 48 % étaient asymptomatiques la deuxième fois qu’elles ont été infectées. À cela s’ajoutent 778 personnes qui ont été infectées deux fois par le virus dans un intervalle moins long, soit de 60 à 89 jours. Ainsi, le taux de réinfection présumée se chiffre entre 0,3 % et 1,7 %.