Le vaccin de Pfizer demeure efficace à 88 % contre le variant delta, aussi connu comme B.1.617 ou variant indien, selon une nouvelle étude américaine. La même équipe de l’Université du Texas avait déjà montré qu’il est aussi efficace contre d’autres variants.

Mathieu Perreault
Mathieu Perreault La Presse

« Comme pour les autres variants, le vaccin produit des anticorps ayant une vraiment moins bonne capacité de neutralisation, mais concrètement dans la vraie vie l’efficacité est presque identique », explique Pei-Yong Shi, auteur principal de l’étude publiée lundi dans la revue Nature. « Il y a donc d’autres mécanismes de réponse immunitaire contre le SARS-CoV-2 », le coronavirus responsable de la COVID-19.

L’étude de Nature cite notamment une étude montréalaise sur ces autres mécanismes de réponse immunitaire. L’auteur de cette étude montréalaise, Andrés Finzi de l’Université de Montréal, estime « très encourageante » cette étude texane. « Les vaccins ciblent une grande région du SARS-CoV-2, ce qui explique probablement pourquoi la réponse immunitaire est encore bonne avec les variants », dit M. Finzi.

Les résultats sont d’autant plus intéressants que les échantillons de sang de patients vaccinés ont été prélevés deux et quatre semaines après la deuxième dose, et que les deux doses étaient séparées par seulement trois semaines, note M. Finzi. « Ça aurait peut-être été différent si l’intervalle entre les deux doses avait été plus grand. On a fait trois semaines pour que les essais cliniques soient plus rapides, mais souvent avec les vaccins on prend un intervalle plus grand entre les deux doses, par exemple huit ou 12 semaines. Ça permet aux anticorps de maturer, seuls les plus forts restent dans le corps du patient, ce qui fait que le boost [dose de rappel, NDLR) est plus efficace. Je suis justement en train de répondre à cette question en laboratoire, en mesurant les réponses immunitaires quand les deux doses sont séparées par trois, 12 ou 16 semaines. »