(Québec) Québec solidaire réclame une enquête du coroner sur « les morts évitables » survenues à l’hôpital Maisonneuve-Rosemont pendant la crise sanitaire. Selon la formation politique, des patients ont été admis avec « des problèmes bénins et n’en sont jamais ressortis parce qu’ils avaient contracté la COVID ».

Fanny Lévesque
Fanny Lévesque La Presse

Le député de Québec solidaire Vincent Marissal demande à la coroner en chef, MPascale Descary, de mener une enquête « pour faire la lumière sur un nombre énorme de morts » survenus pendant la pandémie de la COVID-19. Il a soumis une demande officielle au Bureau du coroner mardi.

« Comment ça se fait que cet hôpital ait été désigné centre COVID dans la première vague ? Des gens se sont retrouvés dans cet hôpital-là dans des chambres multiples, il n’y a pas d’aération, il fait trop chaud l’été, il y a un manque criant de personnel, ce qui fait que, selon certains rapports de presse, il y aurait eu jusqu’à 150 morts », a relaté le député solidaire en point de presse, mercredi.

« Et je répète, ça, c’est des gens qui sont entrés, pour des problèmes de hanche, pour des problèmes cardiaques, qui n’avaient pas de raison de mourir et qui ont contracté la COVID », a-t-il poursuivi.

PHOTO JACQUES BOISSINOT, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Vincent Marissal

Québec solidaire montre du doigt la désuétude des installations de l’hôpital « qui n’est pas loin d’être une ruine ». Le député de Rosemont affirme que depuis lundi, le mercure est monté jusqu’à 39 et même 40 degrés Celsius dans certaines sections de l’hôpital.

« Ce n’est, non seulement, pas optimal, mais c’est dangereux pour la population qui va à l’hôpital pour se faire soigner. […] La climatisation de fortune qu’on installe à Maisonneuve-Rosemont n’est même pas installée. Pourtant, on le sait maintenant, il y a des canicules au mois de juin. Parfois, il y en a même en mai », a-t-il dit.

Le président du comité des usagers de l’hôpital, Rick Smith a d’ailleurs publié mercredi une lettre pour dénonce « la vétusté extrême » de l’établissement qui « force les patients et le personnel soignant à supporter des conditions de vie quasi inhumaines ». Il déplore que le gouvernement « repousse aux calendes grecques » le lancement du chantier de reconstruction de l’hôpital.

La coroner Géhane Kamel mène actuellement une enquête publique sur le décès de personnes âgées dans des CHSLD au cours de la pandémie de la COVID-19.

« Si la coroner enquête dans des CHSLD pour des morts qu’on dit "évitables", c’est le même phénomène qui s’est produit : une chaîne de mauvaises décisions, des lieux inadéquats, une pénurie de personnel chronique, notamment à l’hôpital Maisonneuve-Rosemont », a fait valoir Vincent Marissal.

« Je pense que la coroner en chef, en qui j’ai grande confiance, et elle a toute l’autonomie et l’indépendance pour faire ses enquêtes, je souhaite qu’elle fasse la lumière là-dessus, parce qu’on met nos gens en danger, et les réponses que l’on a ne sont absolument pas satisfaisantes à ce jour. C’est comme si c’est une fatalité : tu rentres à l’hôpital, mais tu risques de mourir », a-t-il ajouté.

Québec solidaire explique avoir demandé le mois dernier à la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, d’enquérir la coroner en chef de mener une enquête sur les morts évitables à l’hôpital Maisonneuve-Rosemont. « La réponse de la ministre et de son cabinet a été un non retentissant », a déploré M. Marissal.