(Montréal) Deux des villes québécoises les plus affectées par la COVID-19, Montréal et Laval, figurent parmi celles qui affichent aussi les taux de vaccination les plus faibles selon des données de l’Institut national de santé publique (INSPQ).

Jacob Serebrin La Presse Canadienne

Des observateurs imputent cette constatation au nombre plus élevé de personnes qui redoutent les vaccins, à une faible confiance à l’égard des gouvernements et à de mauvaises expériences passées dans le réseau de la santé.

Laurence Monnais, une historienne de l’Université de Montréal, affirme qu’un accès plus difficile aux cliniques de vaccination ou l’incapacité de s’absenter du travail pour recevoir une dose peuvent aussi expliquer les plus faibles taux de vaccination, en particulier dans certains secteurs.

L’INSPQ rapporte qu’environ 70 % des Québécois âgés de 12 ans et plus ont jusqu’ici reçu au moins une dose vaccinale. Cette proportion ne s’élève qu’à 67,5 % à Montréal et à 67,3 % à Laval.

Les chiffres de la Santé publique de Montréal disent toutefois que le taux est d’environ 70 % dans les quartiers les plus fortunés de la ville.

À Montréal-Nord, l’un des secteurs les plus défavorisés, le taux de vaccination ne s’élève qu’à 43,8 %. Le taux de contamination à la COVID-19 de 8545 cas par 100 000 habitants de Montréal-Nord est le deuxième plus élevé au Québec.

Les arrondissements de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension et de Saint-Léonard sont les autres secteurs de l’île de Montréal où le taux de vaccination n’a pas encore atteint la moitié de la population.

Laurence Monnais est d’avis qu’il est insuffisant de convaincre les gens à recourir à la vaccination ; il faut aussi chercher à savoir pourquoi ils la refusent.

Le taux le plus faible au Québec est au Nunavik. La Dre Marie Rochette, directrice de la Santé publique de cette région, a observé que plusieurs personnes craignent que les vaccins comportent d’importants effets secondaires, de même que leur nouveauté.

Et des cas passés de racisme dans le réseau de la santé du nord québécois ajoutent au scepticisme de membres des communautés inuites.

Le Nunavik demeure toutefois l’une des régions du Québec où il y a eu le moins de cas de COVID-19, ce qui peut aussi expliquer que bien des gens choisissent de ne pas se faire inoculer, d’après la Dre Rochette.