(Montréal) Le chanteur Émile Bilodeau a donné une allure festive à la vaccination sans rendez-vous jeudi matin au Palais des congrès. Les jeunes ont répondu à l’appel de la vaccination lancé par le CIUSSS du Centre-Sud de Montréal, alors que les 500 doses prévues sans rendez-vous sont déjà écoulées.

Coralie Laplante La Presse

Le chanteur bien connu des jeunes générations pour son engagement social et ses chansons entraînantes a parcouru la file d’attente du Palais des congrès accompagné de sa guitare.

Émile Bioldeau est même monté sur une chaise au milieu de la salle d’attente des personnes vaccinées, alors que les patients tapaient des mains au rythme d’une version revisitée de Tassez-vous de d’là des Colocs, dont les paroles concernaient la pandémie.

La vaccination sans rendez-vous vise à inciter les jeunes à se faire vacciner massivement, en leur offrant plus de flexibilité.

Dès 6 h ce matin, des personnes de plus de 25 ans ont fait la file pour recevoir une dose sans rendez-vous. Les vaccins de Pfizer-BioNTech et de Moderna étaient offerts.

Les 500 doses de vaccin sans rendez-vous étaient déjà écoulées sous le coup de 9 h. Ceux qui ont pris un rendez-vous avec le site Clic santé peuvent toujours accéder à leur vaccin.

Pour Félix Perrault, 27 ans, se diriger à la clinique de vaccination sans rendez-vous jeudi matin était synonyme d’un pas vers le retour à la normale. « J’ai hâte de serrer mes amis dans mes bras », a affirmé le jeune homme accompagné de sa conjointe.

Le couple s’est dit aussi heureux de se faire vacciner que s’ils « partaient en road trip ». « On a hâte que Montréal se réactive, que l’on puisse tous se retrouver sur des terrasses », a ajouté le jeune homme.

Daye Diallo, 32 ans, a réussi à obtenir un rendez-vous pour se faire vacciner dans trois semaines. Il a décidé de venir se faire vacciner étant donné que le plus tôt sera le mieux. « C’est un soulagement, ça veut dire qu’on va bientôt pouvoir voir nos familles », a déclaré sa conjointe, Mathilde Mur, qui précise que sa famille se trouve à l’étranger.

La vaccination se déroulait dans le calme dans la clinique lumineuse du Palais des congrès, où une trentaine de vaccinateurs s’affairaient. « C’est très bien organisé », a affirmé une future vaccinée, Joy Celine Bermillo.

Le CIUSSS du Centre-Sud de Montréal prévoira de l’animation musicale dans toutes ses cliniques de vaccination. « Cela va rendre le processus de vaccination plus agréable et moins stressant », a évoqué la consultante aux relations médias du CIUSSS, Annie Dufour.

Les personnes qui ont déjà obtenu un rendez-vous et qui se sont malgré tout présentées à la clinique sans rendez-vous doivent l’annuler, a indiqué le conseiller aux relations médias du CIUSSS Centre-Sud de Montréal, Jean-Nicolas Aubé.

« On travaille à offrir des solutions qui sont de plus en plus flexibles. Nous avons plus de vaccins, donc nous sommes capables d’offrir des solutions qui n’étaient pas possibles il y a quelques semaines », ajoute M. Aubé.

Les personnes de plus de 18 ans pourront d’ailleurs à leur tour prendre leur rendez-vous pour recevoir leur injection dès vendredi.

C’est 40 % de la population montréalaise qui a reçu au moins une dose de vaccin en date de jeudi. Dans l’ensemble de la province, ce chiffre s’élève environ à 46 %.

Un taux de réfractaires plus élevé chez les jeunes

La proportion de personnes qui ne souhaitent pas se faire vacciner au Québec a diminué, se chiffrant actuellement à 8,2 %. À ce chiffre s’ajoutent 5,2 % des Québécois qui disent ne pas savoir s’ils vont se faire vacciner.

Toutefois, cette proportion de personnes réticentes au vaccin est plus élevée chez les jeunes de moins de 35 ans. C’est 15 % d’entre eux qui n’ont pas l’intention de se faire vacciner et 9 % qui ne savent pas encore s’ils tendront le bras pour recevoir l’injection.

Plusieurs raisons sont invoquées par les personnes qui craignent le vaccin. L’absence de confiance en la vaccination en général se situe au sommet des motivations, s’élevant à 24 % des réfractaires. La peur des effets secondaires du vaccin suit de près, alors que 18 % des sondés les redoutent.

Des craintes quant à l’efficacité du vaccin, la croyance que la COVID-19 représente un risque faible pour la santé et la réticence due au fait que le vaccin est récent sont des justifications qui ont aussi été énoncées par les répondants.