Au moment où la campagne de vaccination du Québec roule à plein régime, surpassant maintenant les 4 millions de doses administrées, le vaccin d’AstraZeneca ne sera plus offert comme première dose, annonce le gouvernement Legault. La province a rapporté jeudi 781 nouveaux cas et cinq décès supplémentaires.

Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse
Pierre-André Normandin
Pierre-André Normandin La Presse

La décision de stopper AstraZeneca pour les premières doses « s’appuie sur les recommandations du Comité d’immunisation du Québec (CIQ) », a indiqué le ministère de la Santé (MSSS) dans un communiqué jeudi. Québec indique que « la presque entièreté des doses disponibles au Québec a été écoulée au cours des dernières semaines » et que « l’administration de la première dose progresse rapidement chez les personnes âgées de 45 ans et plus, groupe d’âge chez qui le vaccin d’AstraZeneca est offert ».

Le tout survient alors qu’une nouvelle livraison de 148 000 doses supplémentaires du vaccin d’AstraZeneca « est prévue au cours de la semaine prochaine », indique le ministère. L’ensemble de ces doses « seront réservées afin de les offrir en deuxième dose aux personnes ayant reçu le CoviShield ou le AstraZeneca en première dose ». Pour les 45 ans et plus ayant reçu le vaccin d’AstraZeneca comme première dose, « le même vaccin demeure recommandé pour la seconde », soutiennent les autorités.

« Une personne pourrait cependant, après consentement éclairé, préférer recevoir une dose de vaccin ARNm (Pfizer ou Moderna) comme deuxième dose, selon les doses qui seront disponibles », insiste le gouvernement, en précisant toutefois que les données scientifiques démontrent que l’administration de deux vaccins différents pourrait susciter « des effets secondaires plus importants ». Cela inclut notamment de la fièvre, des maux de tête et de la fatigue.

Québec réitère que les cas de thrombose liés au vaccin AstraZeneca qui ont fait la manchette dans les dernières semaines « demeurent très rares, soit environ 1 cas sur 100 000 vaccins administrés lors de la première dose ». « Lors de l’administration de la seconde dose, ce taux est encore plus bas, soit 1 cas sur 1 000 000 », poursuit-on, en assurant que le vaccin d’AstraZeneca est « sécuritaire et efficace ».

Les rendez-vous pour une première dose d’AstraZeneca qui étaient prévus aujourd’hui seront annulés. Les pharmacies contacteront les personnes concernées pour planifier un nouveau rendez-vous rapidement.

Extrait du communiqué du MSSS

En début de semaine, sur les 411 200 doses reçues d’AstraZeneca au Québec, 410 000 doses avaient été administrées, selon les données du gouvernement.

Tendance à la baisse

Les 781 nouveaux cas recensés jeudi portent à 812 la moyenne quotidienne calculée sur sept jours. La tendance est ainsi à la baisse de 13 % sur une semaine. Les cinq décès supplémentaires, eux, maintiennent la moyenne à sept par jour.

Québec a administré 95 000 doses hier, pour un total d’un peu plus de 4 millions de doses depuis le début de la campagne. À ce jour, 3,8 millions de personnes ont été vaccinées au moins une fois, soit 44,5 % de la population. La proportion grimpe à 54,6 % si on tient uniquement compte des adultes. Notons également que 210 000 Québécois ont reçu leurs deux doses, ce qui représente environ 2,5 % de la population. Le gouvernement Legault dispose présentement d’une réserve d’environ 563 000 doses.

Sur les cinq décès supplémentaires, deux sont survenus en Estrie. Trois régions déplorent un décès chacune, soit la Capitale-Nationale, Montréal et la Montérégie. Au total, 11 017 personnes ont jusqu’ici succombé des suites de complications liées au virus.

Dans le réseau de la santé, le nombre d’hospitalisations chute de dix pour atteindre 520 patients hospitalisés en lien avec la COVID-19. De ce nombre, 121 patients se trouvent toujours aux soins intensifs, soit une baisse de cinq cas en 24 heures. L’Institut national d’excellence en santé et services sociaux (INESSS) a prévu jeudi, dans de nouvelles modélisations, que cette « diminution des nouvelles hospitalisations » se poursuivrait au cours des deux aux trois prochaines semaines, tant à Montréal que dans le reste du Québec.

Le Bas-Saint-Laurent demeure la région la plus touchée au Québec, avec 25 nouveaux cas par 100 000 habitants, mais la tendance est désormais légèrement en baisse. La situation continue à s’améliorer dans Chaudière-Appalaches, mais reste élevée, à 23 cas par 100 000 habitants. Bien que Montréal a peu ressenti l’impact de la troisième vague, son nombre de cas est demeuré élevé tout au long de l’hiver. Jeudi, l’île a vu son nombre de cas baisser à 10 cas par 100 000 habitants. Il faut remonter à octobre pour voir un taux de propagation aussi bas dans la métropole.

L’Institut national de santé publique (INSPQ) rapporte 5534 cas de variants confirmés par séquençage en date de jeudi, une hausse de 219 infections par rapport à la veille. Le taux de positivité aux quatre principaux variants qui sont sous surveillance est de 88,7 % actuellement. Enfin, mardi, le Québec a réalisé 37 619 tests de dépistage, un chiffre stable par rapport à la moyenne hebdomadaire.