(Montréal) L’analyse du profil des Québécois qui, à la fin d’avril, n’avaient pas l’intention de se faire vacciner contre la COVID-19 montre que ce sont les jeunes que les autorités de la santé publique devront maintenant convaincre.

Jean-Philippe Denoncourt La Presse Canadienne

Des données recueillies entre les 16 et 28 avril et publiées mardi par l’Institut national de santé publique (INSPQ) démontrent que parmi les répondants âgés de 25 à 34 ans, 15 % n’avaient pas l’intention de recevoir l’injection. Cette proportion était de 14 % chez les 18 à 24 ans et de 11 % chez les personnes âgées de 35 à 44 ans.

C’est également dans ces trois catégories d’âge que figurait la plus grande proportion de personnes qui ignoraient encore si elles allaient se faire vacciner.

Mardi, en conférence de presse, le premier ministre François Legault a lancé un appel aux jeunes en les incitant fortement à aller se faire vacciner. Mercredi, les adultes âgés de 25 ans et plus sont invités à prendre leur rendez-vous et à compter de jeudi soir ou de vendredi matin, il en sera de même pour ceux âgés de 18 ans et plus.

L’enquête de l’INSPQ a aussi voulu connaître les raisons principales pour lesquelles les récalcitrants n’avaient pas ou peu l’intention de recevoir le vaccin contre la COVID-19 entre les 16 et 28 avril derniers.

Parmi eux, 24 % ont répondu ne pas avoir confiance à la vaccination en général ; 18 % ont dit redouter des effets secondaires possibles et 14 % n’ont pas vu l’utilité de l’inoculation, estimant que les risques pour leur santé étaient faibles même s’ils n’étaient pas vaccinés.

Dans des proportions égales de 10 %, les réfractaires ont dit avoir des craintes sur l’efficacité du vaccin et des craintes sur la nouveauté des vaccins.

L’enquête indique aussi qu’une forte majorité de répondants croient que les vaccins sont un moyen efficace de réduire le risque de contracter la COVID-19 et que bien peu de Québécois considèrent que la vaccination contre la COVID-19 est incompatible avec leurs croyances religieuses ou leurs principes personnels.

En examinant le profil des adultes québécois qui hésitaient le mois dernier à se faire vacciner contre la COVID-19, l’INSPQ a observé que les plus fortes proportions se trouvaient parmi les gens les moins instruits et ceux qui étaient sans emploi. En général, les immigrants étaient plus hésitants que les autres à recevoir le vaccin.

Mardi, 43,2 % de la population québécoise était vaccinée ; 3,6 millions de personnes avaient reçu leur première dose. Toutes les personnes qui résident dans un CHSLD avaient reçu leur deuxième dose et le ministre de la Santé, Christian Dubé, a signalé que l’objectif était désormais de vacciner celles des résidences privées pour aînés (RPA) d’ici la fin du mois de mai.

Pour réaliser ses enquêtes, l’INSPQ soumet en ligne un formulaire d’environ 60 questions. Depuis le 1er juillet, environ 3300 adultes y répondent chaque semaine. Les résultats sont pondérés selon des facteurs sociodémographiques, mais l’INSPQ précise que l’échantillonnage non probabiliste ne présente pas de marge d’erreur.