(Toronto) Alors que l’Ontario passait lundi sous la barre des 3000 nouveaux cas de COVID-19, la vice-première ministre et ministre de la Santé, Christine Elliott, a prévenu que le gouvernement prolongerait probablement l’ordonnance actuelle de « rester à domicile », qui doit expirer la semaine prochaine.

La Presse Canadienne

Cette décision prolongerait encore la fermeture de milliers d’entreprises et d’installations de loisirs en plein air, malgré les critiques affirmant que l’activité physique contribue à améliorer la santé mentale des citoyens..

Mme Elliott a indiqué que les experts conseillent actuellement au gouvernement de « maintenir le cap » sur ces restrictions qui devraient être levées le 20 mai. Mme Elliott explique que si le nombre quotidien de cas de COVID-19 et d’hospitalisations a légèrement diminué ces dernières semaines, le bilan reste actuellement beaucoup trop élevé pour lever l’ordonnance.

La province signalait lundi 2716 nouveaux cas de COVID-19 et 19 décès supplémentaires. Or, le médecin hygiéniste en chef de la province aimerait voir ce bilan de nouveaux cas « bien en deçà de 1000 » avant que le gouvernement ne lève l’ordonnance de rester à domicile. Le docteur David Williams a souligné que même si la province aplanit la courbe, elle n’a pas fait baisser suffisamment ses bilans.

L’Ontario a prolongé l’état d’urgence sanitaire et promulgué l’ordonnance de « rester à domicile » au début d’avril, alors que la province luttait contre la troisième vague et ses nouveaux variants.

Des 2716 nouveaux cas de COVID-19 signalés lundi en Ontario, 807 étaient recensés à Toronto, 707 dans sa banlieue de Peel et 294 dans celle de York. On comptait aussi 168 nouveaux cas dans la région de Durham et 106 à Hamilton. Ces chiffres sont basés sur plus de 27 000 tests effectués depuis le dernier rapport quotidien.

Il y avait lundi 1632 patients de la COVID-19 à l’hôpital, soit huit de moins que la veille ; 828 patients étaient aux soins intensifs (-20) et 547 sous respirateur (-33), selon le ministère de la Santé.

La vaccination s’élargit

Le gouvernement a par ailleurs annoncé lundi qu’il ajoutait des travailleurs de la santé à la liste d’employés à haut risque qui sont prioritaires pour leur deuxième dose du vaccin. Ces travailleurs pourront commencer à prendre rendez-vous d’ici la fin de cette semaine.

Les travailleurs de la santé ont été parmi les premiers groupes à être déclarés prioritaires pour la première dose du vaccin au début de l’opération en Ontario. Mais depuis que les intervalles entre les deux doses sont passés de 21 jours à quatre mois, de nombreux travailleurs de la santé attendent toujours leur deuxième dose.

Les groupes admissibles comprennent tout le personnel des hôpitaux et des soins actifs en première ligne, les premiers intervenants médicaux et les travailleurs de la santé des foyers de soins de longue durée et des maisons de retraite.

Plus tôt lundi, le gouvernement a aussi annoncé que l’âge d’admissibilité au vaccin dans toute la province sera abaissé jeudi au groupe des 40 ans et plus. Par ailleurs, les personnes souffrant de problèmes de santé jugés « à risque » pourront prendre rendez-vous dès mardi matin. Cela inclut les personnes atteintes de maladies cardiaques, de diabète, de la plupart des types de cancer et de démence.

La moitié de l’approvisionnement en vaccins est encore envoyée cette semaine vers les « points chauds » de l’Ontario, comme le recommandaient les conseillers scientifiques du gouvernement. À partir de la semaine prochaine, les vaccins devraient à nouveau être distribués au prorata de la population.

Au cours du week-end, des centaines de pharmacies dans les zones fortement touchées par la COVID-19 ont commencé à offrir les vaccins Pfizer-BioNTech et Moderna aux personnes âgées de 18 ans et plus.

Le délestage en chirurgie

Par ailleurs, le Bureau de la responsabilité financière de l’Ontario affirme qu’il faudra environ trois ans et demi à la province pour éliminer l’arriéré des chirurgies engendré par la pandémie de COVID-19.

Dans un rapport déposé lundi, le Bureau prévoit que l’arriéré des chirurgies annulées en Ontario atteindra 419 200 procédures d’ici la fin du mois de septembre. Il estime qu’il en coûtera à la province 1,3 milliard pour éliminer cet arriéré, et note que le gouvernement a consacré 610 millions à ce problème dans son dernier budget.

Le Bureau précise par ailleurs que ses projections sur l’élimination de l’arriéré supposent que le rendement des hôpitaux pourra alors se situer à « 11 % au-dessus des volumes d’avant la pandémie ».

Dans l’ensemble, le Bureau affirme que la province affichera un déficit de dépenses de 61,9 milliards dans le secteur des soins de santé au cours des neuf prochaines années.

« Cela signifie que la province devra soit augmenter les financements pour le secteur de la santé, soit introduire de nouvelles mesures de restriction des dépenses », lit-on dans le rapport sur l’examen du plan de dépenses du ministère de la Santé présent dans le budget de l’Ontario 2021 et le Budget des dépenses 2021-2022.