(Ottawa) Le gouvernement canadien envoie de l’aide pour l’Inde où la pandémie de COVID-19 fait des ravages, mais n’est toujours pas prêt à discuter de partage de vaccins avec les pays qui n’en ont pas.

Lina Dib La Presse Canadienne

Un avion militaire canadien était en route vers l’Inde, mercredi, avec à son bord des milliers de fioles de médicament pour traiter les symptômes graves de la COVID-19 et 50 ventilateurs pour soulager les malades hospitalisés.

L’Inde est débordée par la nouvelle vague de la pandémie et manque de tout.

Ottawa a déjà versé 10 millions à la Croix-Rouge canadienne afin que l’organisme aide son homologue indien à acheter des fournitures médicales.

Le gouvernement canadien entend envoyer en Inde 25 000 fioles de l’antiviral Remdesivir, qui permettraient d’effectuer jusqu’à 4000 traitements, et 350 ventilateurs pris à même la réserve stratégique nationale d’urgence du Canada.

L’avion parti de la base militaire de Trenton, mercredi, n’est donc qu’un premier voyage du genre.

« Les fournitures qui serviront à ce don ne compromettront pas les efforts continus d’intervention face à la COVID-19 ici, au Canada », a tenu à spécifier le communiqué publié par le ministère Affaires mondiales Canada.

Le ministre des Affaires étrangères, Marc Garneau, concluait mercredi une réunion à Londres avec ses homologues du G7où il a été question de partage de vaccins. Sa collègue ministre du Développement international, Karina Gould, l’y avait rejoint virtuellement.

« Nous avons eu une discussion vraiment dynamique à propos de l’accès mondial aux vaccins », a rapporté la ministre Gould au cours d’une conférence de presse téléphonique. Elle a ajouté qu’il y a eu « une conversation franche » à propos de la nécessité d’en faire davantage.

Le Canada a été critiqué pour avoir acheté des vaccins en quantité supérieure à ses besoins alors que des pays plus pauvres ne réussissent toujours pas à mettre la main sur les précieuses doses.

« Quand le Canada sera dans une position d’avoir un surplus de vaccins, on va les donner aux pays plus pauvres », a répété la ministre Gould sans offrir de calendrier.

« Nous ne sommes toujours pas dans cette situation », a-t-elle simplement ajouté.

La conversation à la réunion des ministres du G7 a surtout porté sur le financement de COVAX, l’outil de partage des vaccins, selon la ministre Gould.

À Ottawa, pendant ce temps, l’opposition néo-démocrate s’en prenait au gouvernement à ce sujet.

Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) a reproché au gouvernement libéral de ne pas avoir accepté que les vaccins soient exempts de brevets.

« Au lieu de donner cette exemption […], le gouvernement libéral a effectivement gardé la capacité de gagner de l’argent pour les grandes compagnies pharmaceutiques au lieu de se tenir debout et aider d’autres pays », a accusé Jagmeet Singh.

Passeport vaccinal

Le ministre Garneau n’a rien voulu dire des discussions autour de possibles passeports vaccinaux permettant, éventuellement, les voyages internationaux.

Il a renvoyé toutes les questions sur le sujet à sa collègue ministre fédérale de la Santé, Patty Hajdu.

« Nous […] discutons avec d’autres pays du concept d’un passeport de vaccination », mais cette discussion n’a pas eu lieu à la réunion de Londres, a précisé le ministre Garneau.

Retour à la maison

Marc Garneau a assuré qu’il se soumettra à toutes les mesures de quarantaines à son retour à Montréal, y compris le séjour obligé à l’hôtel en attendant un résultat de test de COVID-19.

« Il y a une dimension que vous obtenez quand vous êtes face à face, particulièrement en diplomatie, qu’il est difficile d’obtenir quand vous zoomez », a-t-il dit en guise de justification pour ce déplacement en personne, en pleine pandémie.

Et puis, le ministre Garneau assure que la gestion de la réunion à Londres a été impeccable. La délégation indienne, invitée à la réunion, a dû s’isoler mercredi lorsque deux de ses membres ont reçu des tests positifs de COVID-19.