(Toronto) Les Ontariens de 45 ans et plus qui vivent dans une centaine de quartiers réputés « à haut risque » de COVID-19 peuvent réserver dès maintenant leur place dans une clinique de vaccination de masse.

La Presse Canadienne

Le gouvernement de l’Ontario a aussi annoncé mardi matin que les employés des garderies agréées pourront réserver leur place jeudi et que ceux des garderies non agréées pourront le faire dans les semaines à venir.

Le gouvernement admet qu’il élargit l’admissibilité aux vaccins malgré les retards et l’incertitude entourant l’arrivée de plus de doses. L’Ontario s’attend à recevoir près de 4100 000 doses du vaccin Pfizer-BioNTech le mois prochain, mais attend toujours la confirmation des livraisons de vaccins Moderna, Oxford-AstraZeneca et Johnson & Johnson.

L’Ontario signalait mardi 3265 nouveaux cas de COVID-19 et 29 décès supplémentaires. Des 3265 nouveaux cas, 1044 ont été recensés à Toronto, 673 dans sa banlieue de Peel et 452 dans celle de York. On comptait aussi 171 nouveaux cas dans la région de Durham et 150 à Ottawa.

Le ministère de la Santé indique que 2336 personnes sont actuellement hospitalisées (+65), dont 875 aux soins intensifs (-2) et 589 sous respirateur (-16).

Les voyageurs aériens

Par ailleurs, le gouvernement demande à Ottawa de resserrer les mesures pour les déplacements interprovinciaux en avion, au moment où la province est aux prises avec une flambée d’hospitalisations et de cas de variants de la COVID-19.

La province souhaiterait l’imposition de tests rapides obligatoires, avant l’embarquement, pour tous les voyageurs aériens arrivant en Ontario d’une autre province, comme le gouvernement fédéral le fait déjà pour les passagers internationaux qui arrivent au Canada.

Dans une lettre adressée aux ministres fédéraux de la Santé et de la Sécurité publique, lundi, le gouvernement de Doug Ford rappelle qu’il a déjà fermé ses frontières terrestres avec le Québec et le Manitoba aux déplacements non essentiels, mais il déplore qu’aucune mesure ne soit en place pour protéger les provinces de la propagation des variants par transport aérien interprovincial, un domaine de responsabilité fédérale.

La lettre, que La Presse Canadienne a pu consulter, indique que 17 vols intérieurs au cours des deux dernières semaines vers l’aéroport international Pearson de Toronto ont causé des expositions possibles à la COVID-19. On indique aussi qu’il y a eu des expositions potentielles par des vols qui ont atterri dans d’autres aéroports de l’Ontario, comme Ottawa et Hamilton.

« Plus de 70 % des cas quotidiens en Ontario ont été confirmés comme variants préoccupants », indique la lettre signée par la ministre de la Santé de l’Ontario, Christine Elliott, et la solliciteuse générale, Sylvia Jones. « Ces variants sont entrés par nos frontières, tant internationales que nationales, et il est essentiel que tous les efforts soient déployés pour les tenir loin. »

Selon les ministres ontariennes, « ces nouvelles mesures devraient être en place aussi longtemps que nécessaire, ou jusqu’à ce que les risques de nouveaux variants aient été efficacement minimisés au Canada ».

Du côté du gouvernement fédéral, on estime que la responsabilité de fermer les frontières interprovinciales revient aux provinces.

« En bout de ligne, c’est leur juridiction, mais nous serons toujours là pour les appuyer et nous sommes toujours là, évidemment, pour déconseiller les gens de voyager, de quitter la maison pour des raisons non essentielles », a fait valoir le ministre Dominic LeBlanc, mardi.

Congés de maladie

Justin Trudeau a par ailleurs déclaré mardi qu’Ottawa était en pourparlers avec le gouvernement Ford, qui souhaite maintenant offrir des congés de maladie payés aux travailleurs. Mais le premier ministre fédéral a soutenu que l’Ontario devrait travailler avec les entreprises sous réglementation provinciale, comme Ottawa l’a fait avec les entreprises sous réglementation fédérale.

Plus tôt mardi matin, une porte-parole de la ministre fédérale des Finances, Chrystia Freeland, déclarait qu’Ottawa aiderait l’Ontario lorsque la province sera prête à imposer un programme de congés de maladie pour les entreprises sous réglementation provinciale.

L’Ontario offre de doubler la prestation fédérale si Ottawa peut administrer le paiement supplémentaire aux travailleurs de la province. Le ministre ontarien des Finances a proposé le changement dans une lettre adressée à Ottawa, affirmant que cette décision donnerait 1000 $ par semaine aux travailleurs admissibles. Peter Bethlenfalvy estime que ce serait le moyen le plus rapide d’améliorer les congés de maladie des travailleurs de l’Ontario.

Les experts affirment que ces congés de maladie aident à prévenir les éclosions de COVID-19 en milieu de travail. Le gouvernement de l’Ontario a longtemps hésité à mettre en place un programme provincial. Le décès récent d’une adolescente de 13 ans à Brampton, dont le père est un travailleur essentiel, a renouvelé les appels pour un programme de congé de maladie en Ontario.

De l’aide extérieure

Pendant ce temps, des travailleurs de la santé de Terre-Neuve-et-Labrador étaient attendus mardi en Ontario, de même que trois équipes d’infirmières et de techniciens médicaux des Forces armées canadiennes.

Le ministre fédéral de la Sécurité publique, Bill Blair, a indiqué que le gouvernement avait identifié 62 travailleurs de la santé des ministères à travers le pays comme des « volontaires potentiels » pour aller prêter main-forte en Ontario. L’armée envoie de son côté neuf infirmières en soins intensifs et jusqu’à trois équipes d’assistance médicale polyvalentes dans la province, a-t-il déclaré.

La Croix-Rouge canadienne est prête à fournir un soutien initial de 13 infirmières ayant une expérience des soins intensifs et des interventions d’urgence, ainsi que jusqu’à 30 autres à l’avenir, a déclaré le ministre. Le groupe de Terre-Neuve-et-Labrador devrait augmenter jusqu’à 14 personnes, a-t-il déclaré.

Par ailleurs, le Service régional de police de Waterloo a déclaré une éclosion dans ses rangs, après que cinq policiers ont été déclarés positifs sur une période de quatre jours. Le corps policier indique qu’il travaille avec les responsables de la santé publique pour assurer une recherche appropriée des contacts et affirme que les activités régulières du service ne seront pas affectées par cette éclosion.