L’hésitation des Québécois à se faire vacciner contre la COVID-19 a chuté de moitié depuis la première vague du printemps dernier, montrent de nouvelles données diffusées mardi par l’Institut national de santé publique (INSPQ). Mais selon des constats préliminaires de l’organisme, les personnes vaccinées ont aussi plus de contacts au quotidien.

Henri Ouellette-Vézina Henri Ouellette-Vézina
La Presse

Si avant la pandémie, 20 % des participants affirmaient être « un peu ou très hésitants par rapport à la vaccination en général », ce pourcentage a en effet diminué « de façon graduelle » pour atteindre 10 % depuis le début de la troisième vague au Québec, lit-on dans le plus récent volet de l’étude CONNECT de l’Institut, effectuée auprès de plus de 6000 personnes entre le début mars et la mi-avril.

Cette « différence significative » s’est en effet faite très progressivement. De 20 % le printemps dernier, l’hésitation vaccinale est en effet passée à 14 % après la première vague, puis autour des 12 % lors de la deuxième, pour finalement atteindre la barre des 10 %.

Il y a un changement de cap dans la population et c’est très bien. Au départ, les gens étaient inquiets, et c’est normal. On a toujours peur de l’inconnu, surtout que c’était la première fois que ce type de vaccin était produit aussi rapidement.

Roxane Borgès Da Silva, professeure à l’École de santé publique de Montréal (ESPUM)

Mais avec le temps « et en voyant les effets de la campagne de vaccination, en plus des données probantes qui viennent avec, la vaccination a tranquillement convaincu plus de gens », analyse-t-elle.

D’ailleurs, la réduction des réticences à se faire vacciner se constate dans la plupart des tranches d’âge, même si de manière générale, les femmes sont encore plus hésitantes à se faire vacciner – à savoir 13 % contre 7 % chez les hommes. L’INSPQ précise aussi que les participants nés à l’extérieur du Canada montrent « une tendance à l’augmentation de l’hésitation depuis le début de la pandémie ». Dans les quartiers plus défavorisés, les pourcentages sont aussi « stables ou en légère augmentation ».

Plus de contacts pour les vaccinés ?

Bien que très « préliminaires » puisque les différences ne sont pas « statistiquement significatives », les données de l’INSPQ suggèrent également que les personnes vaccinées pourraient avoir plus de contacts sociaux, notamment dans les maisons avec des visiteurs, que celles qui n’ont pas été inoculées.

Ainsi, dans le Grand Montréal, les personnes de 66-75 ans du Grand Montréal vaccinées contre la COVID-19 rapportent 0,75 contact quotidien, versus 0,46 pour les non-vaccinées. Dans les loisirs, cette proportion est de 0,15 contre 0, tandis que dans les autres lieux, c’est 0,92 versus 0,16.

« Ça, c’est plus inquiétant, souligne Roxane Borgès Da Silva à ce sujet. On doit rappeler qu’une seule dose ne suffit pas à atteindre l’immunité recherchée. Elle protège partiellement, et seulement après trois semaines. C’est essentiel de continuer de respecter les règles sanitaires. Même vacciné à une dose, on peut encore se mettre à risque, soi-même et les autres. »

L’experte espère que lorsque le Québec ouvrira la vaccination à la population générale, dans les prochaines semaines, les réticences à la vaccination diminueront encore davantage. « L’enjeu reste que dans les 20-40 ans, on retrouve beaucoup d’anti-vaccins. J’espère qu’on pourra quand même surpasser les 75 % de la population vaccinée, c’est essentiel pour la suite », conclut-elle.

Le Québec a franchi mardi le seuil des 33,3 % de sa population ayant reçu une première dose. Si on tient uniquement compte des Québécois admissibles au vaccin, soit les 16 ans et plus, le taux de vaccination atteint désormais les 40 %.