(Brampton) La mort d’une adolescente de 13 ans de la COVID-19, chez elle à Brampton, en Ontario, alors que sa mère était hospitalisée de la maladie, a déclenché une vague de tristesse, de colère et de générosité, lundi.

Colin Perkel La Presse Canadienne

Emily Viegas est décédée jeudi dernier alors que son père, un travailleur essentiel, tentait de s’occuper d’elle dans l’appartement familial.

Le premier ministre Doug Ford, qui a été critiqué pour avoir refusé jusqu’à la semaine dernière d’offrir des congés de maladie payés pour les travailleurs essentiels, a exprimé ses condoléances, lundi, pour la « terrible perte de cette jeune vie », un « rappel déchirant et dévastateur » de ce que ce virus peut faire, a-t-il dit.

Selon le Globe and Mail, l’adolescente présentait depuis une semaine des symptômes semblables à ceux qui avaient conduit sa mère à l’hôpital. Son père, vacciné, qui travaillait dans un entrepôt, craignait que l’hôpital de Brampton, débordé, ne soit incapable de soigner sa fille et il a décidé de s’occuper d’elle à la maison, où vit également un garçon.

Mais la jeune Emily est devenue l’une des plus jeunes victimes de la pandémie au pays. « J’ai mis ma tête contre sa poitrine et je ne pouvais rien sentir : pas de battement de cœur, pas de respiration, rien », a raconté son père, Carlos Viegas, au Globe and Mail.

La région de Brampton a été particulièrement touchée par la COVID-19, en raison de plusieurs éclosions en milieu de travail. Plusieurs politiciens de la région se sont tournés vers les médias sociaux pour exprimer leurs condoléances. « Ça brise le cœur », a déclaré Patrick Brown, maire de Brampton. « Nous ne pouvons jamais sous-estimer la gravité de la COVID-19 et de ses variants. »

Brampton plus touchée ?

Gurratan Singh, député néo-démocrate provincial de Brampton-Est, a rappelé que cette ville connaît actuellement une « crise » pandémique, alors que des gens meurent à un rythme alarmant. Brampton a également pris du retard quant à l’accès aux vaccins, a déclaré M. Singh, qui a accusé le gouvernement Ford d’avoir abandonné cette ville, située au nord-ouest de Toronto.

La ministre de la Santé, Christine Elliott, a répondu lundi que Brampton avait reçu « une aide importante » de la part des autorités. « Rien n’indique qu’ils reçoivent moins que ce à quoi ils ont droit », a soutenu Mme Elliott à Queen’s Park, où une minute de silence a été observée lundi. « La mort d’Emily est vraiment une tragédie. »

La semaine dernière, le coroner en chef de l’Ontario, Dirk Huyer, soulignait que de plus en plus de gens mouraient subitement à la maison de la COVID-19, sans jamais avoir appelé une ambulance. M. Huyer soutenait qu’il était encore trop tôt pour expliquer ce phénomène.

Le conseil scolaire catholique du district de Dufferin-Peel a confirmé qu’Emily fréquentait l’une de ses écoles. Le conseil a déclaré qu’il se concentrait sur le soutien du personnel et des élèves touchés.

Adrian Goddard, un ami du père d’Emily qui a organisé une campagne de sociofinancement il y a trois jours, a déclaré que l’argent servirait à payer les frais de funérailles et d’inhumation. Lundi midi, près de 70 000 $ avaient été récoltés, sur un objectif de 10 000 $.