(La Haye) Les bénéfices du vaccin AstraZeneca contre la COVID-19 augmentent avec l’âge et continuent de l’emporter sur les risques, tels que des apparitions de caillots sanguins, a déclaré vendredi l’Agence européenne des médicaments (EMA) après une nouvelle étude.

Agence France-Presse

Les autorités sanitaires devraient également continuer à administrer la seconde dose dans les délais recommandés par le laboratoire AstraZeneca, dont le vaccin est controversé depuis le signalement de très rares cas de thromboses.

La Commission européenne avait demandé à l’EMA de mener une nouvelle étude suite aux inquiétudes de plusieurs pays européens qui ont choisi de limiter l’utilisation du vaccin développé par le laboratoire anglo-suédois AstraZeneca aux personnes âgées. Le Danemark ne l’utilise plus.

« Les données ont montré que les bénéfices de la vaccination augmentent avec l’âge », a déclaré le directeur exécutif adjoint de l’EMA, Noël Wathion, lors d’une conférence de presse.

« Les bénéfices du Vaxzevria (le nom du vaccin AstraZeneca) l’emportent sur les risques chez les adultes de tous les groupes d’âge, comme déjà confirmé par l’agence », a poursuivi M. Wathion.

Les conclusions de cette nouvelle étude devraient être un « guide utile pour les États membres lors de l’ajustement de leurs stratégies de vaccination », a-t-il ajouté.

Les rares cas de caillots sanguins se sont produits chez environ une personne sur 100 000 ayant reçu le vaccin AstraZeneca, selon l’EMA.

Mais le risque est plus élevé chez les personnes entre 40 et 49 ans (2,1 cas sur 100 000), entre 20 et 29 ans (1,9 cas) et entre 30 et 39 ans (1,8 cas), selon les chiffres du régulateur.

Les risques sont plus faibles pour les personnes plus âgées : 1,1 cas sur 100 000 dans la tranche d’âge 50-59 ans, un cas sur 100 000 chez les 60-69 ans, 0,5 chez les 70-79 ans et 0,4 cas chez les plus de 80 ans.

L’étude « montre clairement que les effets favorables de la vaccination par rapport aux cas très rares de caillots sanguins augmentent avec l’âge », a ajouté Peter Arlett, responsable de l’analyse des données à l’EMA.

L’EMA a déclaré le 7 avril que les caillots sanguins devraient être répertoriés en tant qu’effet secondaire très rare du vaccin.

Les rares cas de thromboses devraient également être répertoriés comme un effet secondaire du vaccin Johnson & Johnson, qui utilise la même technologie qu’AstraZeneca, a annoncé l’EMA mardi.

M. Wathion a ajouté vendredi que l’étude montre qu’une deuxième dose d’AstraZeneca devrait continuer à être administrée, et ce entre 4 et 12 semaines après la première.

Prévalence chez les femmes pas encore établie

Malgré des rapports selon lesquels les cas de caillots sanguins étaient plus fréquents chez les femmes, l’EMA a déclaré qu’il n’y avait « pas suffisamment de données disponibles dans toute l’UE » pour affirmer que les risques sont liés au sexe.

Pour l’AstraZeneca, 287 cas ont été enregistrés dans le monde, dont 142 dans l’Espace économique européen (UE, Islande, Norvège et Liechtenstein), selon l’EMA. La plupart des cas observés avec AstraZeneca concernent des femmes de moins de 60 ans.

Pour le vaccin de Pfizer-BioNTech, 25 cas de caillots sanguins ont été signalés, 8 pour celui de Johnson & Johnson et 5 pour Moderna, selon des chiffres de l’EMA publiés mardi.

La Commission européenne envisage une action en justice contre AstraZeneca, dont les livraisons de vaccins sont nettement inférieures aux chiffres prévus initialement.