(Québec) Le Québec aura assez de doses – et même plus – pour atteindre son objectif d’offrir une première dose de vaccin contre la COVID-19 à tous les Québécois qui le souhaitent d’ici au 24 juin. La question est maintenant de savoir si la province réussira à maintenir la cadence. Bref, de faire passer les vaccins des réfrigérateurs aux bras des Québécois.

Pierre-André Normandin Pierre-André Normandin
La Presse

Fanny Lévesque Fanny Lévesque
La Presse

À l’heure actuelle, 35,1 % des Québécois de 16 ans et plus (28,3 % de la population générale) a reçu au moins une première dose de vaccin. Pour arriver à une couverture de 75 % d’ici 65 jours, le Québec devra administrer 51 000 doses par jour en moyenne. C’est en deçà du rythme actuel de la campagne de vaccination, à 61 000 par jour.

Pour atteindre l’objectif de vacciner 75 % des 16 ans et plus d’ici au 24 juin, le Québec doit disposer de 5,8 millions de doses (2,5 millions ont déjà été administrées). Ce chiffre tient compte des 440 000 deuxièmes doses que la province devra également administrer d’ici la fin de juin afin de respecter le délai de quatre mois entre les deux doses de la majorité des vaccins.

D’importantes livraisons attendues

Selon le calendrier de livraison d’Ottawa, le Québec aura reçu le nombre requis dès la première semaine de juin. D’ailleurs, au 24 juin, le Québec devrait avoir reçu 7,5 millions de doses… soit assez pour offrir une dose à 100 % des Québécois de 16 ans et plus.

Ottawa vient en effet de mettre à jour le calendrier de livraison des doses de Pfizer jusqu’en juillet : à elles seules, elles devraient permettre d’atteindre l’objectif. À partir de mai, Québec recevra plus de 450 000 doses du vaccin par semaine. Ces livraisons hebdomadaires passent à près de 550 000 doses en juin.

Le Canada attend aussi des cargaisons d’AstraZeneca et de Johnson & Johnson (300 000 le 27 avril), mais leur volume au Québec reste à confirmer. À ce jour, Québec n’a par ailleurs aucun arrivage du produit d’AstraZeneca au calendrier.

Pour ce qui est du vaccin de Moderna, sa livraison au Canada est retardée, mais la province doit en recevoir quelque 300 000 doses d’ici mai, selon le site fédéral. Avec les arrivages de Pfizer qui sont plus importants que prévu, Québec arrivera à maintenir la cadence de sa campagne de vaccination malgré les retards de Moderna.

« On va avoir moins de Moderna, mais on va avoir plus de Pfizer, donc on va pouvoir reprendre à partir de la semaine prochaine un rythme plus soutenu », a fait valoir François Legault, mardi.

Engouement chez les 45 ans et plus

Québec a administré 55 100 doses de vaccin mardi, dont 20 000 en pharmacie. On s’attend à ce que le bilan de mercredi – qui sera connu plus tard ce jeudi – soit parmi les meilleurs de la campagne jusqu’à présent en raison de l’ouverture de la vaccination aux 45 ans et plus avec le vaccin d’AstraZeneca.

L’achalandage pour être inoculé avec le produit s’est maintenu toute la journée partout au Québec pour écouler les quelque 200 000 doses restantes. L’opération se poursuivra au cours des prochains jours. Depuis mardi, 250 000 rendez-vous ont été pris sur la plateforme Clic Santé pour recevoir l’un ou l’autre des vaccins.

Québec annoncera ce jeudi qu’il élargira la catégorie des malades chroniques pour finalement donner la priorité aux personnes handicapées physiques ou intellectuelles dans la campagne de vaccination. Le ministre de la Santé, Christian Dubé, fera le point sur l’évolution de la vaccination au Québec en compagnie du directeur de la campagne québécoise, Daniel Paré, et du DHoracio Arruda, à 13 h.

Rendez-vous au 24 juin

Déjà, les autorités québécoises estiment pouvoir maintenir la cadence afin d’atteindre la cible du 24 juin. Le grand responsable de la campagne québécoise de vaccination, Daniel Paré, a dit vouloir atteindre un objectif de 120 000 à 130 000 doses par jour. Le chiffre d’un million de doses administrées par semaine a même été évoqué. Des entreprises mettront aussi la main à la pâte en vaccinant leurs employés et leur famille ainsi que les collectivités avoisinantes en mai.

Christian Dubé a affirmé la semaine dernière qu’il souhaitait entreprendre la vaccination de la population générale à la fin de mai.

Bien que le Québec dispose de suffisamment de doses pour en offrir à tous les Québécois de 16 ans et plus, vacciner 100 % d’entre eux paraît illusoire. Le plus récent sondage mené pour l’Institut national de santé publique du Québec montre que 78 % des répondants ont l’intention de se faire vacciner et que 14 % refusent carrément de l’envisager. Les 8 % restants sont encore indécis.

Présentement, 37 400 personnes ont reçu une deuxième dose, soit 0,4 %. À la fin de juin, elles devraient être environ 440 000, soit 6 %.