Le Service de police de la Ville de Repentigny enquête au sujet d’une possible tentative de vol de vaccins contre la COVID-19 dans une pharmacie Jean Coutu.

Tristan Péloquin
Tristan Péloquin La Presse

L’événement, survenu le dimanche le 11 avril dans une succursale de la rue Notre-Dame, a poussé le siège social de Jean Coutu à diffuser un mémo à ses franchisés pour les inciter à la vigilance.

« La personne s’est présentée dans la pharmacie de Repentigny pour tenter d’accéder aux vaccins, mais ça n’a pas fonctionné, explique le porte-parole du Service de police de la Ville de Repentigny, Bruno Marier. La pharmacie nous a contactés par la suite pour porter plainte. »

L’enquête en est à ses tout débuts. Il n’y avait pas d’armes ou de menaces. La personne a tenté un subterfuge pour accéder aux vaccins. C’était préparé d’avance, et non pas improvisé. L’individu essayait de convaincre le personnel qu’il devait accéder aux vaccins, puis est reparti tranquillement.

Bruno Marier, porte-parole du Service de police de la Ville de Repentigny

Selon une personne qui a vu la note, mais qui a demandé à ne pas être nommée parce qu’elle n’est pas autorisée à en parler publiquement, l’individu s’est présenté au laboratoire une heure avant la fermeture. Il aurait prétendu travailler pour une agence de sécurité et avoir le mandat de vérifier les vaccins. Il aurait présenté une pièce d’identité sur son téléphone ainsi qu’un document manuscrit pour justifier sa démarche. L’accès lui aurait alors été refusé.

Le groupe Jean Coutu, qui a confirmé à La Presse l’existence de la note sans en préciser le contenu, dit ne pas savoir si d’autres situations semblables se sont produites ailleurs dans son réseau.

Appel à la vigilance

L’Association québécoise des pharmaciens propriétaires a également lancé un appel à la vigilance à ses membres après avoir été informée de la situation par le groupe Jean Coutu. « Les pharmacies sont des endroits où on trouve des narcotiques. Nos membres sont habitués à être toujours prudents », assure le porte-parole Jean Habel.

La Sûreté du Québec et le Service de police de la Ville de Montréal n’ont, quant à eux, rapporté aucun incident du genre sur leurs territoires respectifs.

Environ 1500 pharmacies participent depuis fin mars à l’effort de vaccination à l’échelle de la province. Ces commerces reçoivent du gouvernement un nombre relativement faible de fioles. La vaccination se fait sur rendez-vous seulement.

Le vol de vaccins est théoriquement complexe, puisque les vaccins à ARN messager doivent être conservés à une température comprise entre - 15 °C et - 25 °C (Moderna) ou entre - 60 °C et - 80 °C (Pfizer). Le vaccin d’AstraZeneca, qui utilise plutôt la technologie du vecteur viral, peut cependant être conservé à une température de réfrigération normale. Dans tous les cas, les lots de vaccins sont étroitement contrôlés par les autorités. Pfizer affirme utiliser des capteurs thermiques munis de traceurs GPS pour contrôler la température de ses lots de vaccins durant leur transport et éviter qu’ils ne soient détournés de leur destination en cours de route.