Un employé de Baie-Comeau a contracté la COVID-19 après avoir côtoyé un client du gym

Émilie Bilodeau Émilie Bilodeau
La Presse

« Les pompiers ne peuvent pas éteindre de feux en télétravail ! », lance Stéphane Caron, coordonnateur à la Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU), qui a évité le pire au cours des dernières semaines.

L’employé établi à Baie-Comeau s’est rendu à Québec, un peu avant Pâques. Il a fréquenté un client du gym qui ignorait qu’il était porteur du virus. C’est seulement à son retour sur la Côte-Nord que celui qui occupe un poste d’aéropointeur a appris qu’il avait été en contact avec un cas positif de COVID-19 pendant son séjour dans la capitale.

Il a aussitôt avisé son employeur et s’est soumis à un test de dépistage. La SOPFEU a alors demandé à tout son personnel de Baie-Comeau de se faire tester. Un seul autre employé, un collègue proche du cas positif, a reçu un diagnostic de coronavirus.

Par précaution, 10 employés sont restés en quarantaine préventive. « On a évité le pire ! Très rapidement, les gens sont allés se faire tester et la cascade s’est arrêtée là », se réjouit M. Caron.

Ces deux cas positifs ont donné chaud à la SOPFEU. « Si une éclosion survient, ça peut être très, très problématique […] On redoute d’avoir un cas et un autre et qu’on soit pris à ne plus avoir d’employés pour sortir sur les feux. »

Avec le printemps hâtif, la SOPFEU est déjà aux prises avec 60 incendies de forêt à éteindre, un nombre particulièrement élevé pour un début de saison.

Des policiers en quarantaine

L’éclosion au Méga Fitness Gym est à l’origine de 581 cas de COVID-19 dans la population, à ce jour. Au total, 225 clients et employés ont été infectés entre les murs de l’établissement. Le virus a ensuite continué à faire son chemin dans la communauté, contaminant 356 personnes supplémentaires.

L’évènement « superpropagateur » est à l’origine de 49 éclosions. Un policier du Service de police de la Ville de Québec et un employé civil, qui fréquentaient le gym ou ses clients, ont d’ailleurs eu un test positif à la COVID-19, ont confirmé deux sources. Au moins cinq employés du corps de police ont dû être placés en isolement préventif à la suite de l’éclosion en centre de conditionnement physique.

Le Syndicat de l’enseignement de la région de Québec ignore pour sa part si des classes ont dû fermer en raison de l’éclosion au Méga Fitness Gym. En fait, toutes les écoles de la Capitale-Nationale ont fermé d’un coup, le 1er avril, dit Daniel Gauthier, président du syndicat affilié à la Fédération autonome de l’enseignement (FAE).

« Probablement que dans les jours qui ont suivi la fermeture des écoles du 1er avril, des enseignants nous auraient informés de leur diagnostic positif ou de la fermeture de leur classe. On aurait alors pu faire des liens. Mais les écoles ont toutes été fermées dès que ça a commencé à exploser. »

C’est le 26 mars dernier que la Direction de la santé publique de la Capitale-Nationale a noté les premiers cas de COVID-19 provenant du Méga Fitness Gym.

Des abonnés ont rapporté à La Presse que beaucoup de clients ne respectaient pas les règles sanitaires : plusieurs ne portaient pas de masque et ne pratiquaient pas la distanciation physique de deux mètres en s’entraînant.

Le gym a été fermé pendant une journée, le 28 mars, pour subir une désinfection. Devant un manquement aux règles, la Santé publique a réordonné une fermeture de l’établissement le 31 mars.

Le propriétaire, Dan Marino, a refusé notre demande d’entrevue.

— Avec Gabriel Béland, La Presse