Inquiète de l’absence de contrôle à la frontière avec l’Ontario, la Santé publique de Montréal a fait savoir ses « préoccupations au ministère de la Santé et des Services sociaux ».

Louise Leduc Louise Leduc
La Presse

C’est ce que la Santé publique de Montréal a indiqué par courriel à La Presse, ajoutant que « le dossier est actuellement entre les mains du gouvernement du Québec et de ses homologues canadiens ».

La directrice régionale de santé publique de Montréal, la Dre Mylène Drouin, en a aussi parlé en entrevue à LCN, mardi.

« Je ne dirais pas qu’il faudrait carrément fermer la frontière, mais il y a certainement un contrôle à faire avec l’Ontario », a dit la Dre Drouin, mardi, indiquant être particulièrement inquiète à propos du variant brésilien.

Entre le Québec et l’Ontario (comme entre le Québec et la Colombie-Britannique), on entre et on sort sans que des quarantaines interprovinciales ou des tests soient exigés, se désole la Dre Drouin.

Pour l’instant, il n’y a toujours pas de barrage routier sur les ponts interprovinciaux reliant Gatineau et Ottawa, contrairement à ce qui s’est fait au printemps 2020, et rien n’indique qu’il y en aura, là ou ailleurs, à court terme.

À ce moment-ci, nous ne prévoyons pas de barrage ou la fermeture de nos frontières interprovinciales.

Amélie Paquet, attachée de presse au cabinet de Geneviève Guilbault, ministre de la Sécurité publique

Cette semaine est la semaine de relâche en Ontario, où la situation semble hors de contrôle et où la pandémie n’affiche pas de signes d’essoufflement.

À noter qu’au printemps dernier de même que cette année, le Nouveau-Brunswick a pour sa part fermé ses frontières.

À l’aéroport Trudeau, plusieurs vols quotidiens arrivent de Toronto, de même que de Vancouver.

Même pour ce qui est des voyages internationaux, l’épidémiologiste Jean-Paul Soucy se désole qu’on ait tardé à agir. À son avis, « si des mesures renforcées de quarantaine avaient été mises en place plus tôt et renforcées à la frontière, la circulation du variant brésilien aurait pu être ralentie, voire évitée » au pays.

Whistler, épicentre canadien du variant brésilien

En Colombie-Britannique, quelque 900 cas du variant brésilien ont été rapportés, dont près du quart émanent de Whistler, la célèbre station de ski. Cet endroit est ainsi devenu le foyer de la plus importante éclosion du variant brésilien au monde à l’extérieur du Brésil, ce qui est largement rapporté dans les médias étrangers.

Étant donné la situation, tous les résidants adultes de Whistler, de même que ceux qui y travaillent, sont invités à aller se faire vacciner dans le cadre d’une offensive massive qui a été déployée d’urgence.

La station de ski a été fermée au début d’avril, et les autorités de la Colombie-Britannique découragent qui que ce soit de se rendre à Whistler.

Plusieurs experts dressent un parallèle ces derniers jours entre cette éclosion et celle survenue dans une autre célèbre station de ski, celle d’Ischgl, en Autriche, qui a tardé en mars 2020 à mettre en place des quarantaines et des restrictions de circulation.

En septembre, la justice autrichienne a annoncé avoir ouvert une enquête sur cette éclosion. Les autorités tyroliennes avaient alors été critiquées de toutes parts pour n’avoir pas fermé assez tôt la station fréquentée par des touristes de partout en Europe.

L’Islande et la Norvège ont estimé que leur premier patient avait été contaminé à Ischgl, réputée aussi bien pour son cadre bucolique que pour son ambiance festive.