Le Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine a confirmé mercredi le décès d’une personne de 16 ans de la COVID-19, la plus jeune victime à ce jour au Québec. Depuis le début de la pandémie, deux jeunes de moins de 20 ans sont morts de la maladie. Sans commenter ce plus récent cas, les autorités de santé ont expliqué jeudi que les décès d’enfant sont rares, et généralement liés à des comorbidités.

Ariane Lacoursière
Ariane Lacoursière La Presse
Ariane Krol
Ariane Krol La Presse

La porte-parole du CHU Sainte-Justine, Florence Meney, n’a pas voulu donner de détails sur les circonstances du décès. Elle indique toutefois que « de façon générale, les gens qui décèdent en jeune âge de la COVID-19 sont généralement des personnes qui présentaient des comorbidités importantes ».

Pédiatre infectiologue et microbiologiste à l’Hôpital de Montréal pour enfants, le DJesse Papenburg n’a pas non plus commenté le cas précis du décès de la personne de 16 ans.

Il confirme que les enfants qui ont des comorbidités sévères sont plus à risque de présenter des complications liées à la COVID-19. Notamment ceux qui ont des comorbidités complexes et qui ont besoin de technologie médicale à la maison. L’obésité chez les adolescents semble aussi associée à un risque accru. « Mais chez l’enfant, ça demeure encore exploratoire de savoir quelles sont les comorbidités qui augmentent les risques d’hospitalisation », dit-il.

Le DPapenburg affirme toutefois qu’en pédiatrie, « les patients sont beaucoup moins affectés en termes d’effets sévères par la COVID-19 ». Les enfants représentent seulement 2 % des hospitalisations dans la province.

Le médecin souligne que d’autres affections virales sont aussi sévères, voire pires que la COVID-19 chez les enfants. Par exemple, chaque année au Canada, cinq ou six décès d’enfants sont causés par l’influenza.

« Je ne veux pas minimiser la COVID », prévient toutefois le DPapenburg. Le spécialiste souligne que même si la grande majorité des patients pédiatriques guérissent sans séquelles de leur infection, certains doivent être hospitalisés.

Les enfants les plus malades développent un syndrome inflammatoire multisystémique post-infectieux. De quatre à six semaines après leur infection suspectée ou confirmée à la COVID-19, ces patients présentent un dérangement dans leur système inflammatoire. « Ils peuvent avoir besoin de soins intensifs. Heureusement, on a des traitements pour ça. Mais on a eu des cas sévères associés à ça », note le DPapenburg, qui estime avoir vu plus de ces cas sévères que d’infections purement respiratoires liées à la COVID-19 chez les enfants.

Et les variants ?

Durant la première vague, les enfants semblaient très peu touchés par la COVID-19. Mais le DPapenburg rappelle qu’on les testait peu. Les enfants représentent aujourd’hui 25 % des infections au Québec. « C’est un peu plus que durant la deuxième vague, mais pas de façon dramatique », dit-il.

Le DPapenburg explique que le variant britannique qui est prédominant au Canada et au Québec est clairement plus contagieux. Il est aussi associé à une plus forte mortalité chez les adultes, mais pas chez les enfants. « Et on ne voit pas une hausse disproportionnée des hospitalisations chez les enfants au Royaume-Uni », dit-il.

Très peu de données existent à ce sujet pour les variants sud-africain ou brésilien.

Alors qu’au début de la pandémie, note le DPapenburg, on croyait que les enfants ne jouaient pas un grand rôle dans la transmission de la COVID-19, on voit aujourd’hui qu’ils en jouent un. « Probablement pas autant que les jeunes adultes. Mais ils participent à la chaîne de transmission », dit-il. Le DPapenburg ajoute que des études montrent de plus en plus que fermer les écoles peut aider à freiner la transmission communautaire, mais que ce n’est qu’un facteur parmi d’autres, et pas le plus important.

Dans les derniers jours, des données préliminaires ont laissé voir que le vaccin de Pfizer est efficace chez les enfants de 12 à 15 ans. Pour le DPapenburg, si d’autres études continuent de prouver l’efficacité des vaccins, « la vaccination pourrait protéger les enfants des affections symptomatiques et aider à diminuer la transmission communautaire ».

En conférence de presse mercredi, la directrice régionale de santé publique de Montréal, la Dre Mylène Drouin, a dit avoir peu de détails sur le décès de la personne de 16 ans. Elle a rappelé que « la plupart des enfants ne développeront pas de formes sévères de la maladie ». Elle a indiqué que des mesures ont tout de même été resserrées dans les écoles, avec, par exemple, le port du masque en tout temps pour les enfants. « On est beaucoup plus avec de petites éclosions, donc clairement, le milieu scolaire demeure un endroit, je dirais, sécuritaire », a-t-elle dit.