(Ottawa) Allonger jusqu’à quatre mois l’intervalle entre les deux doses du vaccin contre la COVID-19 permettrait l’immunisation de 90 % des 50 ans et plus et de 75 % des personnes âgées entre 16 et 49 ans – un objectif qui serait atteint seulement en tenant compte de l’approvisionnement des sérums de Pfizer-BioNTech et de Moderna.

Mélanie Marquis Mélanie Marquis
La Presse

Le Comité consultatif national de l’immunisation (CCNI) en vient à cette conclusion dans sa déclaration sur l’allongement des intervalles rendue publique mercredi, où il maintient sa recommandation aux provinces et territoires de laisser jusqu’à quatre mois entre l’administration des deux doses.

« Dans le contexte de la pandémie en cours, le CCNI recommande d’allonger le délai entre la première et la deuxième dose de vaccins contre la COVID-19 jusqu’à quatre mois tant que l’approvisionnement en vaccins est limité », lit-on dans l’avis rendu public mercredi.

Le comité souligne que l’allongement des intervalles entre les doses « optimisera le déploiement du vaccin et la protection de la population en permettant à beaucoup plus de personnes d’être protégées » en recevant plus tôt la première dose du vaccin.

Une optimisation qui « permettra à 90 % des adultes de plus de 50 ans et à 75 % des adultes âgés de 16 à 49 ans de recevoir une première dose de vaccin d’ici la mi-juin 2021 », et ce, en se fondant exclusivement sur l’approvisionnement en vaccins en vaccins à ARNm (Pfizer-BioNTech et Moderna), estime le comité.

Lors des essais cliniques, ces sérums ont démontré une efficacité potentielle de 92 % après une dose pour la courte période de temps jusqu’à l’administration de la deuxième dose. L’efficacité réelle oscille entre 60 % et 80 % après la première dose, selon les études d’observation issues de l’utilisation dans le monde réel.

Le Conseil des médecins hygiénistes en chef du pays, qui est composé des médecins hygiénistes en chef de chaque province et de chaque territoire ainsi que l’administratrice en chef de la santé publique du Canada, la Dre Theresa Tam, a annoncé mercredi qu’il faisait sienne cette recommandation du CCNI.

Une deuxième dose du vaccin « devrait être offerte dès que possible une fois que toutes les populations admissibles auront accès à une première dose, la priorité étant accordée aux personnes les plus à risque de maladie grave et de décès dus à la maladie COVID-19 », ont-ils également déclaré.