Les problèmes de thrombose reliés à AstraZeneca sont rares et ils ne sont pas encore prouvés, mais le moment où ils surviennent et le fait que les cas se ressemblent entre eux tendent à démontrer un lien causal.

Louise Leduc Louise Leduc
La Presse

L’Institut national de santé publique du Québec a diffusé jeudi son avis sur AstraZeneca, celui qui a guidé le gouvernement du Québec à suspendre l’administration de ce vaccin aux 55 ans et moins.

Qu’en penser pour les personnes plus âgées ?

Il demeure difficile, écrit la santé publique, de dire si le problème de thrombose « survient moins fréquemment chez les personnes âgées ».

« Puisque la majorité des doses du vaccin d’AstraZeneca ont été données à des personnes plus jeunes en Europe continentale, la possibilité d’un excès de cas chez les aînés reste difficile à évaluer. »

Au Québec, encore aucun cas de thrombose consécutif au vaccin d’AstraZeneca n’a été rapporté selon les plus récentes données.

Dans le monde, sur 20 millions de personnes vaccinées, sept cas de coagulation intravasculaire disséminée et 18 cas de thrombose des sinus veineux cérébraux ont été documentés par l’Institut national de santé publique du Québec. « Cela représente une incidence environ 5 à 10 fois plus élevée par rapport à ce qui est attendu chez les personnes de moins de 55 ans. La plupart des cas sont des femmes de moins de 55 ans. Neuf des 25 cas sont décédés. La majorité des cas sont survenus 7 à 14 jours après la vaccination », peut-on lire.

L’Institut national de santé publique note aussi qu’il est probable que les cas soient plus nombreux que ce qui a été rapporté jusqu’ici « puisque des cas additionnels devraient être identifiés à la suite d’une meilleure compréhension de ce phénomène, ce qui facilite le diagnostic. »

Dans l’analyse faite par l’Institut national de santé publique du Québec, on souligne que la survenue de cas de thrombose semble être une réaction auto-immune.

Symptômes à surveiller

Tout cela mis ensemble a donc amené l’Institut national de santé publique du Québec à suspendre l’administration de ce vaccin aux 55 ans et moins.

L’organisme recommande aussi que les personnes qui continuent de recevoir le vaccin AstraZenecca soient avisées d’obtenir rapidement des soins médicaux si elles présentent certains symptômes comme de l’essoufflement, une douleur à la poitrine, de l’enflure des jambes, une douleur abdominale, des maux de tête graves ou persistants, une vision trouble, des contusions à un autre endroit que celui du point d’infection ou des pétéchies (des petites taches rouges sur la peau).