(Montréal) Les employés du CHSLD des Moulins étaient déjà épuisés avant la pandémie, et il manquait de personnel depuis des années, a déclaré Mirta Pierre, une infirmière-auxiliaire qui y travaillait.

Stéphanie Marin
La Presse Canadienne

Ce CHSLD est le premier à être examiné par la coroner Géhane Kamel lors de l’enquête publique sur les décès survenus lors de la première vague de la pandémie de COVID-19. Cet établissement privé de Terrebonne a été touché par une éclosion de COVID-19 qui a duré 76 jours.

Mme Pierre, d’une voix douce, a expliqué que même avant la pandémie, tout le monde travaillait beaucoup, et que vu le manque de personnel, le CHSLD devait avoir recours à des employés d’agences de placement.

Sauf que les employés d’agence ne connaissaient pas aussi bien les lieux et les résidants que les employés réguliers, a dit l’infirmière-auxiliaire, qui ne semblait pas portée à critiquer les autres.

Avec ces propos, elle a fait écho aux responsables du CISSS de Lanaudière, qui ont témoigné lundi, indiquant qu’il manquait de personnel quand la COVID-19 a frappé et que des employés se déplaçaient d’une résidence pour aînés à une autre, malgré le risque de contamination.

Lors des deux premières semaines de la première vague de COVID-19, en mars 2020, Mme Pierre estime toutefois que les soins de base étaient donnés aux aînés habitant au CHSLD des Moulins.

Elle n’a travaillé que deux semaines lors de cette première vague. Durant cette période, elle a indiqué ne pas avoir reçu de formation pour le port des équipements de protection individuelle (ÉPI).

Après le CHSLD des Moulins, Me Kamel doit enquêter sur une série d’autres résidences, soit la résidence privée pour aînés Manoir Liverpool de Lévis, le CHSLD René-Lévesque de Longueuil, le CSHLD Laflèche de Shawinigan, le CHSLD Sainte-Dorothée de Laval, le CHSLD Yvon-Brunet de Montréal et finalement le CHSLD Herron.

Approximativement la moitié décès causés par la COVID-19 au Québec se sont produits dans des résidences pour personnes âgées, a rappelé lundi Me Kamel.

L’exercice est donc nécessaire, « afin de mieux comprendre les facteurs ayant contribué, dans les divers types de milieux hébergeant des personnes âgées ou vulnérables, à faire de celle-ci les principales victimes collatérales de la COVID », a déclaré la coroner en ouvrant les audiences.

Seuls les décès survenus entre le 12 mars et le 1er mai 2020 sont visés par l’enquête.