Une seule dose de vaccin pourra dorénavant être administrée aux Québécois qui ont déjà reçu un diagnostic positif de la COVID-19, a annoncé jeudi le gouvernement Legault, précisant néanmoins que les usagers qui souhaitent tout de même recevoir une deuxième dose pourront y avoir accès.

Henri Ouellette-Vézina Henri Ouellette-Vézina
La Presse

Le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) indique que cette décision « s’appuie sur une recommandation du Comité sur l’immunisation du Québec (CIQ) de l’Institut national de santé publique (INSPQ) ». Les autorités gouvernementales disent baser leur décision sur un avis intérimaire du Comité sur l’immunisation, qui avait été rédigé le 26 février dernier.

On y lit qu’une seule dose est jugée « suffisante pour les personnes immunocompétentes ayant un antécédent de COVID-19 confirmée par un test d’amplification des acides nucléiques (TAAN) pour le SRAS-CoV-2, étant donné qu’elles ont déjà élaboré une mémoire immunitaire lors de l’infection ». La recommandation s’applique « peu importe le délai depuis la fin de l’épisode de COVID-19 ».

D’après le ministère, les données scientifiques ont déjà démontré une « excellente réponse immunitaire » avec une seule dose, pour les personnes qui ont déjà été infectées par le virus. Deux doses continueront néanmoins d’être offertes aux « personnes immunosupprimées ayant un antécédent d’infection à la COVID-19 », tel que préconisé par les experts, assure-t-on.

« Les personnes qui ont un antécédent d’infection à la COVID-19 et qui souhaitent tout de même recevoir une seconde dose pourront l’obtenir », avance le MSSS, se voulant rassurant. Québec ajoute par ailleurs que les recommandations pour la campagne de vaccination en cours « continueront d’évoluer au fur et à mesure de la progression des connaissances ».

Gériatre au CHUM, le Dr Quoc Nguyen invite toutefois à la prudence. « La lentille aînée vulnérable impose de regarder avec grande attention le résultat des études citées en référence par le CIQ. Aucune n'a été stratifiée par âge ou par comorbidités. Pour l'instant, la précaution est de mise pour une population âgée, surtout avec plusieurs maladies chroniques », rétorque-t-il.

Encore des débats

Au niveau canadien, les scientifiques du Comité consultatif national de l’immunisation, eux, examinent toujours les recherches qui suggèrent que les personnes qui ont été infectées par la COVID-19 peuvent renforcer leurs anticorps avec une seule dose.

La présidente du comité, la Dre Caroline Quach-Thanh, a déclaré que le comité « débattait » au sujet du nombre de doses de vaccin dont a besoin une personne ayant déjà été infectée par le virus de la COVID-19. « La France et le Québec ont parlé d’une seule dose », a-t-elle déclaré par écrit, en ajoutant: « la question qui demeure est : est-ce vrai pour tout le monde ou du moins pour la grande majorité ? »

Une lettre publiée dans le New England Journal of Medicine plus tôt ce mois-ci avait laissé entendre que la question du nombre de doses « nécessite une enquête ». Elle a été rédigé par 32 chercheurs de la Icahn School of Medicine de l’hôpital Mount Sinai à New York après avoir effectué une étude à petite échelle.

Plus tôt cette semaine, le directeur de la santé publique du Québec, le Dr Horacio Arruda, avait soutenu qu’une seule dose de vaccin, administrée trois mois après la guérison de la maladie, procure le même niveau d’immunité que deux doses.

Avec La Presse Canadienne