(Québec) Le répit est terminé dans le Bas-Saint-Laurent. La région qui pouvait se targuer jusqu’à tout récemment d’un bilan « extrêmement favorable » est désormais frappée par un variant « très contagieux », qui inquiète les autorités sanitaires.

Gabriel Béland Gabriel Béland
La Presse

Le directeur de la santé publique du Bas-Saint-Laurent a d’ailleurs lancé un appel à la population mardi matin. Selon le DSylvain Leduc, un coup de barre est nécessaire sans quoi les cas pourraient se multiplier dans la région.

« Depuis la semaine dernière, on est confrontés à un variant », a prévenu le DLeduc en conférence de presse. « Il est très contagieux. On ne sait pas encore de quel type il est aujourd’hui. On attend toujours son séquençage. Mais il est possible que ce soit le variant britannique. »

Le Laboratoire de santé publique du Québec est à investiguer le virus qui frappe la région. Le séquençage prend normalement d'une à deux semaines. « Mais on comprend que le laboratoire a été inondé de demandes, alors ça retarde un peu », note le directeur régional de la santé publique.

Peu importe l’étiquette à donner à ce variant, le DLeduc prévient sa population : il est « sévère, les gens sont malades, particulièrement les adultes et ça frappe fort ».

La région compte une douzaine d’éclosions. Une dizaine d’écoles ont été fermées et 700 élèves sont en isolement.

Les hospitalisations ont aussi repris. « On n’avait aucune hospitalisation dans la région. On en a six depuis la fin de semaine, déplore le DLeduc. Les gens ont été hospitalisés dans Chaudière-Appalaches et à Québec, le temps de rouvrir notre unité COVID. »

Les enquêtes épidémiologiques ont démontré que plusieurs personnes avaient recommencé à participer à des rassemblements avec la famille et les amis. Ce mélange de relâchement et de variant très contagieux explique, selon la santé publique, le retour des cas dans la région.

« Ce virus-là donne plus de cas secondaires que le précédent virus. Le variant qui est entré sur notre territoire, personne d’une famille n’y échappe quand il y entre, je vous prie de me croire », note le DLeduc.

Un basculement en zone rouge « est prématuré », selon lui. N’empêche que les autorités demandent à la population « de donner un coup de main, de se faire dépister, de respecter le confinement, de ne pas faire de visites en famille ».

Le Bas-Saint-Laurent déplorait mardi 11 nouveaux cas et 18 lundi. Mais plusieurs tests positifs ont été confirmés en soirée lundi et seront ajoutés au bilan de mercredi, qui s’annonce lourd.

La région affiche un taux de 3,7 cas par 100 000 habitants, calculé sur une semaine. Il s'agit d'un taux relativement bas, qui représente néanmoins une hausse de 46 % depuis une semaine.

- Avec Pierre-André Normandin