(Toronto) Selon au moins un expert en maladies infectieuses, permettre aux restaurants d’accueillir plus de clients à l’intérieur pourrait provoquer des super-propagations en Ontario.

Paola Loriggio
La Presse Canadienne

Le Dr Andrew Morris, directeur médical d’un réseau universitaire antimicrobien, qualifie la décision du gouvernement ontarien d’augmenter la capacité des restaurants dans deux de ses zones de couleur est « déconcertante ».

Le risque de propagation augmente quand il y a plus de gens rassemblés sans couvre-visage à l’intérieur d’un établissement, particulièrement en présence de variant de la COVID-19 plus virulent.

« C’est une maladie qui s’immisce dans des évènements propices à une super-propagation. Cela arrive quand la personne dont on soupçonne le moins est contagieuse et infecte plusieurs autres personnes. »

Selon lui, cette décision envoie un faux message voulant que la situation s’améliore sur le plan de la pandémie.

La capacité maximale permise dans un restaurant de la zone rouge est passée de 10 à 50, tandis qu’elle grimpe de 50 à 100 en zone orange.

Il est difficile de suivre la cadence des changements de directives d’une zone à l’autre, se plaignent des restaurateurs.

La gérante du restaurant La Roma, à Ottawa, Antonella Ceglia, a dû annuler plusieurs réservations après la décision de placer la région en zone rouge et les redonner après l’entrée en vigueur de la nouvelle directive pour ces commerces.

Selon elle, ces changements incessants créent de la confusion chez ses clients.

« Cela demande beaucoup de planification, dit Mme Ceglia. On pourrait s’occuper de stratégie pour notre entreprise, mais on ne fait que réagir à la réglementation mise en place par le gouvernement. C’est physiquement et émotionnellement drainant ».

Les restaurants à Toronto et dans la région de Peel pouvaient accueillir des clients en terrasse, même si ces secteurs sont classés dans la zone grise, la plus restrictive du Cadre d’intervention pour la COVID-19.

1829 nouveaux cas

Pendant ce temps, la situation sanitaire est en train de s’aggraver en Ontario qui semble atteint par une troisième vague.

Les autorités ont rapporté samedi 1829 nouveaux cas de COVID-19 et 11 autres décès liés à la maladie.

La ministre de la Santé Christine Elliot a précisé que 593 cas supplémentaires ont été identifiés en Ontario, 287 dans la région de Peel, 157 dans la région de York, 124 à Hamilton et 101 à Ottawa.

Selon les données provinciales, 765 patients sont actuellement hospitalisés, dont 302 aux soins intensifs.

Les variants comptent maintenant pour environ 40 % des nouveaux cas.