(Québec) Le Québec prend ce jeudi un moment pour honorer la mémoire des quelque 10 000 disparus de la COVID-19. L’hôtel du Parlement sera le théâtre d’une cérémonie solennelle et protocolaire soulignant le triste anniversaire du début de la pandémie. Une minute de silence sera observée dans la province à 13 h.

Publié le 11 mars 2021
Fanny Lévesque
Fanny Lévesque La Presse

Dès l’aube, le drapeau du Québec a été mis en berne. Il le sera jusqu’au crépuscule, à la demande du premier ministre François Legault. Ce dernier prononcera ce jeudi une allocution pour commémorer la mort des milliers de Québécois victimes du coronavirus, au nombre de 10 503 mercredi. Il offrira aussi son soutien aux familles endeuillées et remerciera les travailleurs des « services essentiels » qui sont au front depuis un an maintenant.

La cérémonie, qui aura lieu de 12 h 15 à 13 h, sera diffusée sur l’ensemble des grands réseaux de télévision.

De nombreux dignitaires et invités participeront à la cérémonie, dont le lieutenant-gouverneur du Québec, Michel Doyon. Les ministres Christian Dubé, Marguerite Blais, Lionel Carmant, Geneviève Guilbault et Danielle McCann seront sur place, ainsi que le directeur national de santé publique, le DHoracio Arruda, notamment.

Les participants et dignitaires déposeront à tour de rôle une gerbe de roses blanches – l’emblème de cette journée – devant un mémorial de fleurs. On diffusera sur un écran géant une performance musicale virtuelle de l’Orchestre symphonique de Montréal lors du recueillement, vers 12 h 30.

Des villes et municipalités de la province ont aussi prévu des activités de commémoration. Montréal tiendra entre autres une cérémonie sur la place Vauquelin. La mairesse Valérie Plante prendra la parole après la célébration nationale.

« Anges gardiens »

Aînés, membres de familles endeuillées, proches aidants et membres des communautés autochtones ont été invités à prendre part à la grande cérémonie, jeudi à Québec. Policiers, membres des Forces armées canadiennes et travailleurs de la santé seront aussi sur place pour illustrer l’importance de leur présence sur le terrain depuis le début de la crise sanitaire.

« Il y a un an, on parlait des anges gardiens. C’est un incontournable », rappelle le président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), Jeff Begley.

C’est une façon de souligner le travail extraordinaire accompli par tous les travailleurs du réseau dans des circonstances pour le moins exigeantes.

Jeff Begley, président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN)

Depuis un an, 18 travailleurs de la santé sont morts de la COVID-19 et quelque 40 000 ont été infectés par le virus. « Ça sert à rappeler ce sacrifice », laisse tomber M. Begley.

La présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ), Nancy Bédard, parle aussi de la « contribution inestimable » des travailleuses de la santé qui a pu permettre « à toute société québécoise de continuer à fonctionner » malgré la crise sanitaire. « Elles se sont massivement mobilisées, dans des conditions extrêmement difficiles, malgré la peur, le stress et la détresse », a-t-elle fait valoir. « Nous avons un devoir de mémoire par respect pour les sacrifices qu’elles ont consentis, pour avoir mis leur vie personnelle et familiale sur pause ».

Des mots qui résonnent chez la co-porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé. « Déjà, perdre la vie, c’est l’enfer. Les aidants ne pouvaient pas être là. Il ne restait que ces femmes qui étaient là, qui prenaient le temps de mettre la main sur leur joue, qui les accompagnaient dans la mort », résume-t-elle.

« Il faut qu’on honore [les personnes qui ont perdu la vie] et aussi celles qui, dans les dernières minutes de leur vie, leur ont tenu la main », ajoute Mme Massé.

Engagements pour la suite

Les leaders des partis de l’opposition participeront d’ailleurs aussi à la cérémonie. L’heure n’est pas à la politique, assurent-ils, mais bien à la solidarité. Reste que cette journée doit s’accompagner d’un engagement à faire mieux. « Il faut une suite à la hauteur du drame vécu », illustre le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon.

On doit être capables de regarder ces familles-là droit dans les yeux et de dire : on le sait qu’on a le nombre de décès le plus élevé au Canada, qu’il y a des moments où clairement les choses n’ont pas fonctionné, et prendre l’engagement solennel […] d’agir en leur nom pour que tout ça ait un minimum de sens.

Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois

La cheffe du Parti libéral du Québec abonde dans le même sens. « On fait une cérémonie, on se rappelle, on offre notre compassion et notre solidarité, dit Dominique Anglade. On a aussi un devoir de mémoire par rapport à cette pandémie qui n’est pas terminée, et il va falloir qu’on prenne le recul nécessaire et qu’on regarde ce qu’on a appris. »

Une motion sera déposée au Salon bleu ce jeudi pour souligner la Journée de commémoration nationale en mémoire des victimes de la COVID-19. Le premier ministre et les chefs des groupes de l’opposition prononceront une allocution.