(Québec) Attendu cette semaine, le plan de déconfinement « progressif » pour le sport du gouvernement Legault vise, pour bientôt, à rouvrir les gymnases en zone rouge pour les bulles familiales et à permettre un retour limité du sport organisé en zone orange. La pression augmente sur Québec dans ce dossier, alors qu’une foule importante a manifesté dans la capitale dimanche pour réclamer la relance des activités sportives.

Tommy Chouinard Tommy Chouinard
La Presse

myriam boulianne
Le Soleil

Le plan du gouvernement, dont des éléments ont été obtenus par La Presse, doit faire l’objet d’une approbation de la part de la Santé publique avant d’être annoncé. Les discussions sont toujours en cours.

Le 3 mars, le premier ministre François Legault a promis de dévoiler un plan de déconfinement « progressif » pour le sport cette semaine. Il annonçait à cette occasion la reprise des activités parascolaires le 15 mars, mais uniquement par groupe-classe. Il n’est donc pas question pour le moment de réunir des élèves de classes différentes pour une même activité.

Partout au Québec, donc y compris en zone rouge, les arénas et les piscines sont ouverts depuis la relâche. Le gouvernement voulait déjà à ce moment que les gymnases – à ne pas confondre avec les salles d’entraînement surnommées « gyms » – puissent aussi ouvrir leurs portes, mais la proposition avait été rejetée par la Santé publique.

Selon nos informations, il y a maintenant une lueur d’espoir pour que les gymnases soient rouverts en zone rouge. Le plan du gouvernement vise à ce que ces installations municipales ou scolaires permettent à une bulle familiale – les occupants d’une même résidence – de pratiquer un sport.

En zone orange, ce serait plus permissif. Le sport organisé pourrait reprendre dans une certaine mesure, selon le plan du gouvernement. Dans un premier temps, on autoriserait les entraînements avec un entraîneur et un groupe limité de jeunes. Il n’est pas question de permettre des matchs pour le moment. « Demain matin, il n’y aura pas de parties de hockey », prévenait d’ailleurs la semaine dernière le DHoracio Arruda, directeur national de santé publique.

Des protocoles stricts devront être suivis. La Santé publique veut éviter les rassemblements avant et après les entraînements. C’est d’ailleurs l’une des principales raisons invoquées depuis des semaines pour justifier le refus de tout déconfinement du sport organisé jusqu’ici.

Manifestation à Québec

Ils sont venus des quatre coins du Québec pour participer à la Marche pour la relance des sports, qui a débuté sur le coup de midi, dimanche, devant le parlement.

Parents, enfants et citoyens soutenant la cause ont répondu à l’appel lancé par Isaac Pépin, étudiant-athlète du Séminaire Saint-François, qui plaide pour la reprise des sports.

Vers 11 h 50, le principal intéressé a pris la parole devant les manifestants pour les remercier de s’être déplacés et a entamé la marche aux côtés de son père et du boxeur Eric Martel-Bahoeli.

Isaac Pépin était d’ailleurs ravi de la tournure de l’évènement.

Ça a été au-delà de mes attentes. La journée a été formidable. C’est incroyable le nombre de gens qui sont venus. J’espère qu’avec ce qu’on a fait aujourd’hui, les choses vont changer.

Isaac Pépin, élève-athlète

Quant aux annonces de François Legault concernant le déconfinement progressif des sports prévues cette semaine, l’élève-athlète espère qu’elles fourniront « des réponses concrètes ».

« Nos enfants doivent bouger », « Laissez nos enfants respirer », « Le sport doit faire partie de la solution » ou « Kids Lives Matter », pouvait-on lire sur les pancartes des manifestants.

Parmi ceux-ci, on retrouvait des familles, dont celle de Mélanie, résidante de Québec, dont les trois enfants du primaire et du secondaire pratiquaient le basketball et prenaient part à des activités scoutes. « Ça leur manque beaucoup », lance-t-elle. Dans l’attente des annonces de François Legault, la mère espère que cette marche aura un impact sur les décisions gouvernementales.

Plusieurs regroupements d’établissements scolaires et équipes sportives ont également pris part à l’évènement, comme le Collège de Lévis, les Phénix de Pont-Rouge ou les Gouverneurs de Sainte-Foy.

Diverses personnalités politiques étaient aussi présentes, comme le candidat à la direction du Parti conservateur du Québec Éric Duhaime et le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, qui était accompagné de sa famille et de la députée péquiste de Gaspé, Méganne Perry Mélançon. Cette dernière a d’ailleurs qualifié l’évènement de « réussite ».

Il n’y a pas plus fort message que des jeunes qui se déplacent devant l’Assemblée nationale. Ça veut dire qu’on peut en faire plus pour le bien-être des jeunes, et il est grand temps que le gouvernement réponde à l’appel.

Méganne Perry Mélançon, députée péquiste de Gaspé

La ministre déléguée à l’Éducation et ministre responsable du Loisir, du Sport et de la Condition féminine, Isabelle Charest, a exprimé son soutien aux manifestants par l’entremise de son compte Twitter. « Ces cris du cœur, je les entends et ce sont ces messages positifs que j’amène avec moi lorsque je discute avec la Santé publique à la recherche de solutions sécuritaires pour reprendre le sport », a-t-elle écrit.

La marche se déroulait sur une boucle de 2,2 km au départ du parlement.

La marche devait se dérouler jusqu’à 15 h, mais vers 14 h 15, plusieurs dizaines de personnes se sont amassées devant les policiers qui faisaient un barrage près de la porte Saint-Louis. « Police avec le peuple », scandaient les protestataires. La patrouille s’est déplacée en renfort aux policiers sur place, ciblés par des boules de neige lancées par des manifestants. À ce moment, aucun constat d’infraction n’a été remis, les manifestants s’étant déjà dispersés.

Selon le porte-parole du Service de police de la Ville de Québec, David Pelletier, 13 constats d’infraction ont été remis durant la marche en vertu des mesures décrétées par la Santé publique et certains règlements municipaux. Les forces de l’ordre ont aussi procédé à l’arrestation de cinq personnes, puisqu’elles n’offraient aucune collaboration. Celles-ci ont ensuite été libérées.

Si la plupart des manifestants sont venus réclamer la relance des sports, d’autres voulaient protester pour diverses causes, soit pour s’opposer au projet de tramway à Québec, dénoncer le port du masque au primaire ou critiquer la gestion de la pandémie par le gouvernement.