Toute la province passe au palier orange ce lundi, à l’exception du Grand Montréal. Après une relâche où le nombre de cas est demeuré stable au Québec, la réouverture des restaurants et salles de sport s’amorce dès lundi. Une bonne nouvelle, qui présente toutefois des défis organisationnels pour les propriétaires.

Mayssa Ferah Mayssa Ferah
La Presse

« C’est une bonne nouvelle, mais ça s’avère relativement complexe », lâche d’emblée Luc Viens au sujet de la réouverture de son établissement. Le propriétaire du Bistro Le 633, à Bromont, accueillera des clients dans la salle à manger dès mercredi.

Située en Montérégie, la ville fait toutefois partie de la région sociosanitaire de l’Estrie.

M. Viens se considère comme chanceux : les cuisiniers du bistro seront au rendez-vous cette semaine. Mais la pandémie a poussé bon nombre d’employés en restauration à se réorienter. « Étant donné que l’industrie n’était pas active, beaucoup ont quitté le bateau dans plusieurs restos. Je suis choyé, mais ça va tout de même prendre un ajustement. On fonctionne avec moins de plongeurs, de serveurs… »

Ensuite vient la logistique des réservations. « Des gens de Brossard ou de Montréal nous appellent, ils s’essayent. On va devoir refuser des habitués, alors qu’on est une région très touristique », poursuit le propriétaire. Peu après l’annonce du passage en zone orange, une famille de cinq – deux parents et trois enfants – a appelé pour réserver une table. Jusqu’ici, tout va bien. Mais deux des enfants sont âgés de 18 et 21 ans. « La règle, c’est deux adultes. Ils ne peuvent pas venir s’attabler. » On doit vérifier que chaque réservation respecte les nouvelles consignes.

Un homme qui fait du télétravail dans son chalet de Bromont depuis un an veut réserver, mais il est Montréalais. Je fais quoi avec ? On doit gérer beaucoup de zones grises.

Luc Viens, propriétaire du Bistro Le 633 à Bromont

Cette réouverture n’est pas un retour à la vie d’avant, rappelle M. Viens. À 21 h, l’établissement doit être fermé en raison du couvre-feu.

La rentabilité ne sera pas maximale. « On ne sera pas à pleine capacité, on va être loin de ce qu’on faisait avant. Moi, je suis très heureux de cette nouvelle, mais rouvrir ses portes, ça peut être un couteau à double tranchant. »

Revoir le concept

Même son de cloche pour Amélie Dubé-Ringuet, copropriétaire du bar à vin Chardo. L’endroit préconise habituellement les repas tardifs. « C’est rare que notre clientèle s’attable avant 19 h. On a dû revoir notre concept avec un service à 17 h et un autre à 19 h. On est contents, mais on ne reprend pas à pleine rentabilité », explique-t-elle. Son établissement ouvrira ses portes le week-end prochain, histoire de bien faire les choses. L’annonce de la réouverture a pris Mme Dubé-Ringuet par surprise.

On pensait vraiment que le gouvernement allait attendre de voir si les cas augmentent au retour de la relâche. On y va avec prudence. On ne veut pas d’une flambée de cas après le retour à l’école qui nous obligerait à refermer.

Amélie Dubé-Ringuet, copropriétaire du bar à vin Chardo

Pour les restaurants, le passage à la zone orange permet à deux adultes de manger à la même table, accompagnés d’enfants de moins de 18 ans. Une preuve de résidence sera requise pour chaque client, et la réservation est obligatoire. Rappelons que les déplacements entre régions ne sont pas interdits, mais déconseillés.

Toutes les régions du Québec deviendront des zones orange à partir de lundi, sauf Montréal, Laval, la Montérégie, Lanaudière et les Laurentides.

En zone orange, on prévoit également la réouverture des salles de sport et des salles de spectacles.

Le couvre-feu demeure en vigueur, mais débutera à 21 h 30 au lieu de 20 h.