(Québec et Ottawa) Le gouvernement Legault, appuyé par la Santé publique, reporte l’administration de la deuxième dose du vaccin contre la COVID-19 à 16 semaines. C’est environ quatre semaines de plus que le délai fixé initialement par les autorités québécoises.

Fanny Lévesque Fanny Lévesque
La Presse

Isabelle Ducas Isabelle Ducas
La Presse

L’injection de la deuxième dose du vaccin devait débuter à la mi-mars. Ce sera plutôt vers la mi-avril, alors que Québec choisit de prolonger l’intervalle entre l’administration des deux doses d’environ 4 semaines, le faisant passer à 16 semaines (quatre mois).

Cette recommandation « s’appuie sur l’évolution des connaissances scientifiques, les avis du Comité sur l’immunisation du Québec ainsi que les nouvelles recommandations canadiennes », soutient le ministère de la Santé et des Services sociaux.

De cette façon, Québec espère vacciner 250 000 personnes plus rapidement, notamment les aînés de 70 ans et plus. Cette décision aura aussi un effet sur la vaccination des 60 ans et plus, qui pourra débuter plus rapidement, nous indique-t-on.

Les résidants du CHSLD Saint-Antoine et du Centre Maimonides, qui ont été les premiers vaccinés en décembre dernier, recevront leur deuxième dose du vaccin comme prévu à la mi-mars. Leur rendez-vous n’est donc pas reporté dans leur cas.

Le Ministère communiquera avec tous ceux qui ont déjà obtenu un rendez-vous pour l’administration de la deuxième dose pour en fixer un nouveau.

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

Une dame se fait vacciner au premier jour de la vaccination de masse à Montréal, lundi, au Stade olympique.

Le gouvernement Legault avait fixé en janvier dernier le délai entre l’administration de la première et de la deuxième dose du vaccin à 42 à 90 jours. Les autorités québécoises avaient alors décidé d’aller au-delà de la période de six semaines, recommandée par le Comité consultatif national de l’immunisation, dans l’objectif de vacciner rapidement le plus de Québécois possible, dans un contexte de rareté des doses. Une stratégie qui a fonctionné, expliquait l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) à la mi-février.

En effet, l’INSPQ faisait valoir le 18 février qu’il n’y avait « pas une grande urgence » pour administrer la deuxième dose, alors que les vaccins administrés jusqu’à présent — avec une seule dose — ont montré une efficacité de 80 %, selon les résultats préliminaires. Leur efficacité semblait aussi se maintenir dans le temps, indiquait-on.

Les données préliminaires montrent que la première dose du vaccin de Pfizer-BioNtech et celui de Moderna offrent une protection de 80 % après 14 jours. Ce degré de protection n’est cependant atteint qu’après 21 jours chez les personnes plus âgées.

À l’époque, Québec emboîtait le pas au Royaume-Uni, qui avait aussi opté pour un intervalle pouvant atteindre 90 jours. Depuis, la Colombie-Britannique a notamment mis de l’avant la même stratégie.

Tous vaccinés avant la fin de septembre ?

Du côté d’Ottawa, le premier ministre Justin Trudeau a indiqué, en conférence de presse mercredi, qu’il avait bon espoir de voir tous les Canadiens vaccinés avant l’objectif de la fin de septembre, mais il a refusé d’avancer un échéancier plus précis.

M. Trudeau est resté prudent, dans ses réponses aux journalistes qui évoquaient la situation aux États-Unis, qui ont promis de vacciner tous les Américains d’ici la fin du mois de mai.

PHOTO ADRIAN WYLD, LA PRESSE CANADIENNE

Le premier ministre Justin Trudeau

« Évidemment, on est optimistes qu’on va peut-être pouvoir devancer ces chiffres et ces prévisions, basés sur le nombre de vaccins qu’on est en train d’approuver et de voir livrés au Canada », a-t-il déclaré.

Il a fait valoir que la situation de la COVID-19 aux États-Unis était « beaucoup plus grave » que celle du Canada et qu’il était risqué de comparer les expériences de différents pays.

Le gouvernement fédéral reçoit maintenant trois vaccins : Pfizer-BioNTech, Moderna et AstraZeneca. Les trois sociétés pharmaceutiques auront livré 6,5 millions de doses au Canada d’ici la fin du mois.

Avec le temps, d’autres vaccins deviennent disponibles, a expliqué M. Trudeau. Les vaccins de Johnson & Johnson et de Novavax, par exemple, sont en cours d’examen par Santé Canada.

Le premier ministre a tenu à souligner que cette semaine, le Canada avait dépassé les 2 millions de doses administrées. Et on recevra près de 1 million de doses – 444 600 de Pfizer et 500 000 d’AstraZeneca — au pays cette semaine.

PHOTO AGENCE DES SERVICES FRONTALIERS DU CANADA PAR REUTERS

Des agents frontaliers du Canada supervisent l’arrivée de milliers de doses du vaccin d’AstraZeneca, mercredi.

Sur ces 500 000 doses d’AstraZeneca, 300 000 doivent être administrées avant le 2 avril, date de leur péremption.

« Concrètement, ces chiffres, ce que ça veut dire, c’est que des gens que vous connaissez pourront se faire vacciner bientôt : des parents, des grands-parents, des travailleurs de première ligne », a déclaré le premier ministre dans son allocution.

C’est la lueur d’espoir que vous attendiez.

Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Le premier ministre Trudeau a aussi annoncé que trois programmes d’aide aux entreprises seraient maintenus inchangés jusqu’en juin.

Les sommes versées par l’intermédiaire de la Subvention salariale d’urgence du Canada, de la Subvention d’urgence du Canada pour le loyer commercial et de l’indemnité de confinement ne seront pas modifiées, a-t-il souligné.

Le gouvernement avait déjà prévu de prolonger ces programmes, mais en les rendant de moins en moins généreux avec le temps. Des gens d’affaires avaient déploré cette semaine l’incertitude qui subsistait à ce sujet.