(Ottawa) Le Québec se félicite d’avoir été un « précurseur » en prolongeant l’intervalle entre les deux doses de vaccins à 90 jours. La province prolonge cette fois l’intervalle à 120 jours, en concordance avec les recommandations de la santé publique du Québec et les autorités fédérales.

Catherine Lévesque et Lina Dib
La Presse Canadienne

Mercredi, le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec (MSSS) et le Comité consultatif national de l’immunisation (CCNI) ont publié des communiqués en simultané pour annoncer leurs recommandations de prolonger jusqu’à quatre mois l’intervalle entre les deux doses de vaccin.

« Dès le début de l’opération de vaccination, le Québec a été un précurseur en prenant la décision de reporter la seconde dose de vaccin à l’intérieur d’un délai maximal de 90 jours. Cette stratégie a permis de vacciner davantage de personnes vulnérables au Québec en une plus courte période de temps », peut-on lire dans la déclaration du MSSS.

« À la suite d’une nouvelle recommandation de la Santé publique, le Québec offrira la seconde dose de vaccin contre la COVID-19 dans un intervalle de 16 semaines (quatre mois) après l’administration de la première dose, permettant ainsi d’augmenter de façon significative la protection des personnes vulnérables du Québec », ajoute-t-on.

Du côté du CCNI, on reprend environ le même argumentaire. « L’allongement de l’intervalle entre les doses jusqu’à quatre mois permet au CCNI de créer des possibilités de protection de l’ensemble de la population adulte dans un délai court. Cela permettra non seulement de protéger la population adulte, mais aussi de contribuer à l’équité en matière de santé », peut-on lire sur le site du gouvernement du Canada.

Cette décision était attendue par l’Ontario, entre autres, qui attendait l’aval du gouvernement fédéral avant de suivre l’exemple de la Colombie-Britannique qui, elle, avait décidé de prolonger à quatre mois le délai entre la première et la deuxième dose des vaccins dans les derniers jours.

De passage à Montréal, le premier ministre du Québec, François Legault, n’avait que des éloges pour la santé publique du Québec, qui avait pris le risque de prolonger l’intervalle entre les deux doses malgré les avis contraires des fabricants de vaccins.

« Et là, les autres prennent exemple sur le Québec. On n’haït pas ça », a laissé tomber M. Legault dans son allocution.

Des congélateurs normaux pour Pfizer

Un peu plus tôt, Santé Canada a révisé ses directives pour la manipulation du vaccin de Pfizer-BioNTech. Ilpourra, dorénavant, être transporté et entreposé à des températures normales de congélateurs, soit entre -25 et -15 degrés Celsius, pour une période allant jusqu’à deux semaines.

En annonçant ce changement par communiqué, le ministère fédéral a souligné la « plus grande souplesse » que cela apporterait pour la redistribution locale du vaccin.

« Les fioles entreposées ou transportées à des températures entre -25 degrés Celsius et -15 degrés Celsius pour une période allant jusqu’à deux semaines ne peuvent retourner qu’une seule fois aux températures recommandées pour l’entreposage, soit entre -80 degrés Celsius et -60 degrés Celsius », précise-t-on dans le communiqué.

Après vérification, les scientifiques de Santé Canada ont conclu que l’innocuité et l’efficacité du vaccin sont maintenues alors que le produit demeure stable pour une période allant jusqu’à deux semaines à une température moins froide.

Aux États-Unis, la Food and Drug Administration (FDA) en était déjà arrivée à la même conclusion.